LE CAFÉ MATINAL AVEC ALA.NI À L’INSTITUT DE BONTÉ

Chanteuse

Londonienne originaire de Grenade, récemment installée à Paris, Ala.ni a la musique qui coule dans les veines : un père musicien, un grand oncle mythique, le fameux Leslie Hutchinson ; sa vocation, une évidence. Dotée d’une voix pure, envoutante et hors du temps, une voix qui éveille des émotions enfouies au plus profond de nous, Ala.ni nous invite aux rêves éveillés. Que ce soit sur scène ou en tête à tête, Ala.ni s’exprime autant avec sa voix qu’avec des gestes gracieux et volatiles, et c’est un plaisir pour l’esprit de pouvoir partager un moment avec elle.
Nous nous sommes retrouvées à l’Institut de Bonté, À deux pas du Comptoir Général où Ala.ni avait fait un concert pour la soirée d’ouverture de l’expo VHS le 7 juillet dernier. Comme si nous étions dans un ranch familial, dans une campagne lointaine, l’Institut de Bonté est un lieu convivial où l’on peut pour prendre son temps pour se parler et s’écouter ou juste apprécier le moment sans rien dire. Rencontre privilégiée avec une femme passionnée, qui vit dans une temporalité particulière, la sienne.

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni & Lia Rochas-Pàris

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni & Lia Rochas-Pàris

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal
Ala.ni & Lia Rochas-Pàris à l’Institut de Bonté / Photographies de Shehan Hanwellage

Lia : On est tellement bien ici, on se croirait à la campagne…

Ala.ni : Oui, c’est chaleureux, la musique est agréable. Et le petit chocolat chaud le matin comme petit déjeuner, c’est tellement réconfortant.

Lia : Tu n’es pas très café ?

Ala.ni : Non, pas vraiment, mais depuis que je vis à Paris, un peu plus. C’est tellement une habitude parisienne, comme la cigarette !

Lia : Quel temps… On dirait que le ciel pleure pour nous…

Ala.ni : L’hiver s’installe….

Lia : D’ailleurs, tu vas sortir ton dernier EP pour l’hiver. La fin d’un cycle ? J’aime bien ton concept d’écrire des morceaux selon les saisons…

Ala.ni : Ce n’était pas spécialement pensé comme ça au départ. J’ai voulu raconter une histoire d’amour en plusieurs parties et le premier morceau c’était Cherry Blossom, j’ai alors réalisé que ça pouvait correspondre aux saisons. J’étais lancée, le projet s’est réalisé instinctivement, ça prenait sens d’illustrer l’amour à travers les saisons. L’hiver sort ????

Lia : Il y a pas mal de choses que l’on commence spontanément dans la vie, sans trop avoir de ligne directrice et qui finalement s’avèrent vraiment cohérentes.

Ala.ni : Tout à fait ! D’ailleurs, c’est un peu la raison de ma présence à Paris. J’avais envie de venir ici, sentir une liberté que je ne trouvais plus à Londres. Depuis que je vis à Paris, j’ai vraiment l’impression de m’épanouir artistiquement, d’avoir acquis une confiance en mon travail.

Lia : C’est étonnant, je me disais qu’à Londres l’expression artistique serait justement plus libre qu’ici. Comme quoi, on se fait des idées ! Ou alors, c’est l’envie d’un ailleurs qui peut être stimulante. Selon notre place dans le monde, et notre vision.

Ala.ni : Oui, selon l’endroit où l’on se trouve, nos sentiments évoluent, notre perception des choses changent et c’est merveilleux. Je me voyais depuis longtemps vivre à Paris, comme une évidence. Un peu comme une suite logique de mon parcours. J’ai la sensation que cette ville me pousse à être « courageuse » (Brave), à être moi-même.

Lia : Tu t’es tellement projeté ici que c’est devenu vrai ? Les lois de l’attraction !

Ala.ni : Complètement, quand on focalise sur quelque chose, on fait tout pour que ça devienne vrai.

Lia : Fin août dernier, tu as exposé des cyanotypes tirés du video clip pour le morceau « come to me » chez Arts Factory. D’ailleurs, cette technique n’avait jamais été utilisé pour tourner un clip. Le résultat est vraiment très intéressant.

Ala.ni : Oh, merci ! J’aime beaucoup cette technique qui utilise les U.V pour dévoiler des images en bleu. Il y a vraiment une tonalité onirique, un grain hors du temps. J’aime le contraste entre l’ombre et la lumière, comme l’offre également le noir & blanc de façon plus classique.

Lia : Et à cette occasion, tu as fait un showcase. C’était la première fois que je t’entendais en live, grâce à une amie qui m’avait invité – moi qui ne suis pas très concert – j’ai été subjugué par ta voix, ta présence accompagnée d’une harpiste. Je me souviens avoir pleuré d’émotions, enfin, à l’intérieur.

Ala.ni : C’est toujours gênant de l’entendre et flatteur à la fois. J’aime l’idée que des émotions naissent à travers ma musique, et si ce sont des pleurs, c’est que les larmes devaient sortir.

Lia : Les larmes peuvent être libératrices. C’est d’ailleurs la force féminine. Lorsqu’on écoute tes chansons, on a l’impression de parcourir des univers, un peu à la manière de Peter Pan qui survole les paysages imaginaires. On flotte à la lisière de notre imaginaire enfantin, du moins ce qu’on en a gardé, et de nos rêves.

Ala.ni : Ecrire mes morceaux me permet de voyager à tous les niveaux, géographiquement et dans le temps. J’ai imaginé la Louisiane de 1850, Paris des années 1920-30, l’angleterre des années 1940, Harlem des années 1950… Je visualise énormément, ça m’inspire.

Lia Une manière d’être partout et nulle part à la fois ?

Ala.ni : Quand j’étais plus jeune, je cherchais à trouver une place, à me définir, je me demandais si j’étais trop noire ou pas assez, par rapport à mon style musicale, et depuis quelque temps, je veux simplement être moi, celle que je suis pour ce que je fais. C’est libérateur.

Lia : Oui, nous sommes tous unique, chacun à sa manière.

Ala.ni : Voilà, ce n’est ni question de couleur de peaux, ou de cheveux. Là, j’ai les cheveux verts, parce que j’aime ça (rires) Depuis petite, j’aime les couleurs, c’est une des coquetteries que je me permets.

Lia : Et ça te va très bien, en français on dirait « une belle plante »

Ala.ni : On se doit d’être ce que nous sommes, ce que nous avons envie d’être, assumer ce que nous aimons. C’est triste d’aimer Kim Kardashian parce qu’il faut aimer Kim Kardachian par exemple. Aujourd’hui on se laisse beaucoup dicter par ce que les autres aiment, et encore, aiment-ils vraiment ? C’est assez étrange tout cet emballement visible sur les réseaux sociaux. Like like like

Lia : (rires) Oui, on peut facilement se laisser guider par mimétisme, et particulièrement sur les réseaux sociaux. Les « clics » compulsifs, il y a pas mal de « serial liker ». Presque une religion toutes ces communautés de fans etc. D’ailleurs, on parle du « cloud », mais c’est un peu triste qu’un nuage soit rempli d’autant d’informations. Il n’y a plus vraiment de substance spirituelle…

Ala.ni : Complètement ! La spiritualité s’achète, se « like », se « share ». C’est flippant. J’ai beaucoup de mal avec ces nouveaux modes de communication, même si c’est devenu inévitable et que je suis amenée à les utiliser, je ne comprends pas tout. L’étalement de la vie privée ne m’attire pas. J’aime vraiment partager une intimité dans la réalité, celle qu’on vit au moment présent.

Retrouvez les actualités sur le site d’Ala.ni 

Winter EP « You and I » sortie le 9 décembre
Album « You and I » sortie le 6 janvier

L’Institut de Bonté
84, quai de Jemmapes
Paris 10eme
Tous les jours de 8h30 à 22h

La sélection musicale de Sir Benjamin est en accord parfait avec l’univers de l’institut de Bonté !

Superbes céramiques de la maison Jean Roger dans lesquelles nous avons bu café et chocolat chaud.

Merci pour l’accueil chaleureux de Thomas Racine & Chloé Quirici, merci à Pauline Jaffré & Louis Hautemulle pour avoir facilité l’organisation, merci à Thibaut de No Format pour nous avoir fait découvrir la précieuse Ala.ni.

PETITS BONUS

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Ala.ni, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

 

 

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