LE CAFÉ MATINAL AVEC ALIX THOMSEN À L’HÔTEL DU TEMPS

Décoratrice

Après avoir créer la marque de chemises Thomsen, Alix s’est instinctivement tournée vers la décoration que ce soit pour des appartements privés, des hôtels comme l’Hôtel du Temps ou encore une boîte de nuit comme la Mano… Alix explore le monde, compose avec les éléments, raconte des histoires à travers les lieux, prend soin des espaces pour que l’on s’y sente en harmonie. Nous nous sommes retrouvées à l’Hôtel du Temps comme si nous étions ici et ailleurs à la fois et où les heures semblaient suspendues. Rencontre avec une femme audacieuse et élégante pour qui la décoration est une aventure de chaque instant.

Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal
Alix Thomsen & Lia Rochas-Pàris à l’Hôtel du Temps / Photographies de Shehan Hanwellage

Lia : Après les chemises Thomsen, tu as décidé de faire de la décoration d’intérieur. Comment t’es-tu lancée dans ce nouveau métier ?

Alix : C’est le métier qui est venu à moi, naturellement.

Lia : On se sent bien ici. Tu as fait toute la décoration ?

Alix : Oui, tout, du mobilier aux plantes. J’ai toujours eu ce goût pour les motifs qui est aussi une forme d’illustration. Ce que j’aime, c’est l’expression illustrative de la décoration. Par exemple là, j’ai travaillé avec un artiste qui a peint les tables. J’aime bien quand la déco prend une tournure plus artistique que conceptuelle.

Lia : On a l’impression ici que l’espace prend la forme d’une composition similaire à la pratique du collage. Chaque élément est unique tout en formant un ensemble cohérent. 

Alix : C’est un peu comme lorsque tu as une histoire à raconter ; tout peut se lier. Il faut que cette histoire puisse s’entendre à travers l’association de choses qui peuvent sembler contradictoires mais qui finissent par se lier par une intention particulière. Je m’amuse avec tout. Quand on me demande si j’ai un style, je réponds que je n’en ai pas. Le style dépend du lieu. Chaque lieu a quelque chose à raconter suivant la taille de ses pièces, la hauteur du plafond…

Lia : Ici, le plafond est assez bas, c’est confiné, douillet. 

Alix : Oui. D’ailleurs, si j’avais dû travailler pour un hôtel avec des pièces immenses, des ouvertures vers l’extérieur etc, j’aurais sans doute mis moins de choses à l’intérieur. J’ai l’impression que chaque lieu demande quelque chose.

Lia : On ressent un caractère audacieux dans le choix des objets. 

Alix : C’est très spontané. La réflexion ne se fait pas en amont ; elle se fait comme ça. Par contre, il y a une observation du résultat. Parfois, pour atteindre un équilibre, il faut ajouter encore et encore, ou à l’inverse enlever.

Lia : On peut dire que tu es guidée par la rencontre avec des objets chinés ?

Alix : Ce sont des éléments choisis. Au final, c’est un peu comme un cadavre exquis. Pas dans l’absurde, mais plutôt comme une direction de ce que la vie nous donne. C’est une philosophie que j’adapte à ma vie au quotidien autant dans la proposition que dans la réceptivité.

Lia : L’Hôtel du Temps est un endroit propice à l’imaginaire. D’ailleurs, on pourrait être à Londres, à Bruxelles… Partout et nulle part à la fois.

Alix : L’idée du voyage, sensation d’être ici et ailleurs à la fois, c’est important.

Lia : En parlant de voyage, selon les cultures, la place des objets et l’espace sont pensés différemment. Plus on va dans le nord, plus l’espace sera épuré, minimaliste. 

Alix : Chez nous, dans notre culture, on accumule des objets. On n’a même pas assez de vocabulaire pour décrire tout ça. C’est lié à notre histoire aussi. On est beaucoup plus sur le visuel, le culturel, la référence. Au Japon aussi, toute cette culture du Feng Chui est davantage de l’ordre de l’ergonomie, du zen dont on pourrait parler des heures.

Lia : Ça doit être particulier de penser à la décoration d’un hôtel, lieu de passage, de rencontres entre diverses personnes. Comment arrives-tu à penser l’espace ?

Alix : Tu te concentres à faire un espace accueillant. J’ai beaucoup voyagé : c’est particulier de se retrouver à l’hôtel. Il y a une forme d’instabilité. C’est essentiel que l’hôtel soit confortable, rassurant.

Lia : En dehors de l’Hôtel du Temps, as-tu fait la décoration d’autres lieux ?

Alix : Oui, un restaurant/boîte de nuit, la Mano. Je considère toujours l’endroit par rapport au style de vie. Je ne m’arrête pas à la déco. Pour la Mano, j’y ai fait la direction artistique. Je voulais que ce soit un lieu où les énergies favorisent la joie. C’est rare de retrouver le sentiment de « joie » de la nuit. Je voulais que ce lieu soit fédérateur, gai, libérateur.

Lia : Je n’y suis allée qu’une fois et j’en garde le souvenir d’une belle soirée. 

Alix : Sinon, j’ai fait la déco pour des appartements privés. J’essaye toujours de comprendre quel est le style de vie de la personne pour pouvoir faire une recherche visuelle et esthétique.

Lia : Et comme chaque personne est unique, chaque lieu l’est aussi. 

Alix : Oui, c’est très important que la déco soit adaptée au style de vie. Un mélange entre modestie et audace.

Lia : Actuellement, il y a une forme d’uniformisation dans les décos d’intérieur. On retrouve beaucoup de mobiliers scandinaves que ce soit dans des appartements à Paris, à Londres, à Barcelone, à Mexico… J’ai l’impression qu’on n’échappe pas à cette règle. 

Alix : Pour moi, le mauvais goût, c’est le « bon goût ». C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à aller dans les sentiers battus. Ça ne m’intéresse pas. La décoration doit rester une aventure à chaque fois, que ce soit quelque chose d’inattendu. Je préfère le danger à l’assurance. Même si je respecte aussi le mobilier du moment, je ne vais pas tourner autour.

Lia: Il y a toujours eu des tendances : tout comme en Art ou en Mode, ce que l’on peut appeler « l’esthétique conventionnelle ». J’avoue avoir moi-même un canapé de style scandinave des années 50, même si j’ajoute des touches très personnelles avec des coussins chinés au marché d’Aligre etc.

Alix :  Les objets n’ont d’intérêt que lorsqu’ils se lient les uns aux autres. La valeur va être dans l’histoire qui se raconte. C’est comme ça que je veux faire de la décoration.

Lia : Un peu comme les vêtements que l’on associe pour en faire une silhouette qui colle avec la personne qui les porte.

Alix : Oui, c’est une forme de dialogue. Dans la culture française, la décoration est un mélange de tout ce qui constitue l’histoire.

Lia : En tant qu’Européens, nous sommes très attachés aux objets, à notre héritage. On garde des traces, des vestiges d’un passé familial ou culturel. 

Alix : Dans ma maison familiale en Bourgogne, tout comme dans n’importe quelle maison bourgeoise en France, tu trouveras des tapis persans, des vases chinois, des tentures ottomanes, un lustre vénitien… Ce mélange est inscrit dans ma culture.

L’Hôtel du Temps
11 rue de Montholon Paris 9

Merci à toute l’équipe de l’Hôtel pour leur accueil chaleureux.

One thought on “ALIX THOMSEN
Hôtel du Temps

  1. J’aime beaucoup cette idée que les objets dialoguent entre eux et avec l’espace ! Quant à toi, tes vêtements dialoguent toujours très bien avec ta personne menue!

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