LE CAFÉ MATINAL AVEC ANNABELLE JOUOT AU BLACKBURN COFFEE

Rédactrice de mode / Fiber artist

Annabelle Jouot jongle entre deux activités : le stylisme-photo et le tissage d’œuvres murales. Nous ne nous connaissions pas personnellement malgré plusieurs amis que nous avons en commun dans la vraie vie, comme Étienne Jaumet ou encore Stéphane Saclier. Sur mon fil d’actualités, j’ai pu découvrir les tissages d’Annabelle Jouot et en suis tombée littéralement sous le charme. Nous nous sommes retrouvées au café Blackburn où elle avait l’habitude de se rendre quand son homme enregistrait son album dans le studio Shelter. Rencontre avec Annabelle, une belle personne à tous les niveaux, avec qui nous avons parlé du travail manuel, de la frénésie des tendances, d’amour et d’humour !

Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Annabelle Jouot , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal
Annabelle Jouot & Lia Rochas-Pàris au café Blackburn / Photographies de Shehan Hanwellage

Lia : Tu es rédactrice de mode (styliste-photo) depuis des années et tu réalises des tissages depuis quelques mois. Comment as-tu commencé à tisser ?

Annabelle : J’étais amoureuse du travail de Sheila Hicks, fiber artist mondialement connue, depuis toujours. C’est une vieille dame maintenant, elle a 81 ans ! Ses œuvres géantes me fascinaient. Je rêvais d’apprendre à tisser. Un jour, j’ai sauté le pas, puis tout est allé très vite. Je viens d’exposer mes œuvres à la galerie Chappe.

Lia : Le tissage est une pratique artisanale ancestrale qui pourtant n’a pas pris une ride ! Un peu comme le macramé ou le tricot.

Annabelle : Tout à fait. J’adore le macramé, j’adorerais apprendre à en faire.

Lia : D’une certaine manière le tissage représente une forme d’écran constitué de fils entremêlés. 

Annabelle : Oui. Je pense que le tissage est à contre-courant du monde numérique où tout va très vite et où chaque aventure individuelle a besoin d’être partagée pour se sentir vécue.
Tisser est un travail solitaire, long et répétitif. Chaque œuvre que je crée prend du temps. Je peux passer des jours sur un tissage et des semaines à ne faire que ça.

Lia : Les gestes répétitifs peuvent aider à se détendre ; on ne voit pas le temps passer. J’aime bien tricoter. Les idées fusent pendant que je confectionne tout autre chose… C’est concret. 

Annabelle : Oui, faire quelque chose de ses mains ! Ça a été salvateur pour moi à une période particulière de ma vie. Tisser me rend heureuse.

Lia : La pratique du tissage (comme le tricot) correspond justement au moment présent, contrairement à la mode où tu vis toujours en projetant les saisons à venir. Ça doit t’apporter une forme d’équilibre, non ?

Annabelle : Oui, tisser c’est être totalement ancrée dans le présent. C’est très différent de la mode où tout est en décalé et où tout est has-been en moins de cinq minutes. Tiens, je me demande si on dit toujours « has-been » ou si c’est has-been ? (rires) Moi je m’habille de la même façon depuis des années. Je ne fais pas ce métier par amour de la mode, mais par amour des images. J’adore créer des images.

Lia : Ce que j’aimais dans le stylisme photo, c’était l’énergie particulière dans le choix des tenues, des lieux, des objets, de toute l’équipe qui participait à la prise de vue, comme si on faisait un film muet en quelques clichés ou même un roman-photo sans bulle. Une manière de raconter une histoire.

Annabelle : Oui c’est un travail d’équipe que j’aime particulièrement et qui est, pour moi, toujours aussi excitant.

Lia: Pour toi, quelle serait la définition de l’élégance ?

Annabelle : L’élégance, le chic ou la beauté, c’est très subjectif. Pour ma part, je crois que ça n’a rien à voir avec un bel habit ou une crème de jour. Ça a à voir avec le sens de l’humour et le regard que tu poses sur les choses.

Lia : Même si ce n’est pas tous les jours évident, j’essaye de regarder le monde avec les yeux d’un enfant. Ma fille m’a appris à retrouver cette pureté des émotions : s’émerveiller des petites choses de la vie pour garder une part d’insouciance. L’insouciance c’est la joie. Et si tu vis dans la joie, tu rayonnes ! C’est une manifestation de la beauté.

Annabelle : Moi, mon secret de beauté, c’est un fou rire par jour. J’ai un amoureux qui, chaque matin, me réveille avec une blague. J’ai du bol.

Lia : Une blague quotidienne : quelle inspiration ! 

Annabelle : Et pour contrer la mélancolie, savoir rire de tout mais surtout de soi, c’est bien je crois. Pour moi l’amour et l’humour sont intimement liés. Et pour celles qui n’ont pas cette chance, il reste les crèmes de jour.

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Blackburn coffee

52 rue du Faubourg Saint-Martin Paris 10e

One thought on “ANNABELLE JOUOT
Blackburn coffee

  1. Essentiel de se poser… Moi je customise des habits. Pas toujours une réussite. Marrant car c’est mon prochain interlude

    Bisous aux abominables femmes des neiges

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