LE CAFÉ MATINAL AVEC ANNE-SOPHIE JEANNIN À L’HÔTEL PROVIDENCE 

Céramiques Saint Sauveur

Depuis quelques mois, Anne-Sophie manie la terre et crée des céramiques simples et uniques derrière le nom de Saint Sauveur. Cette jeune femme, découverte à travers les flâneries 2.0, a plus d’une corde à son arc, et quand elle fait quelque chose, elle le fait à fond. Même si la céramique est au centre de ses activités, elle réalise aussi des vidéos qui nous laissent percevoir une vision espiègle et pleine de bon sens.
Nous nous sommes retrouvées dans le café de l’Hôtel Providence, où nous avons été accueillies chaleureusement comme si nous étions dans une maison de famille. C’est au coin du feu de cheminée que nous avons fait connaissance, en toute simplicité, et nous avons terminé par un fou rire dans la baignoire, juste comme ça. Nous avons parlé de glaise, de nature, d’énergies, mais aussi de technologies et de valeurs simples. Rencontre avec une jeune femme pétillante et pleine d’entrain, habitée par chaque chose qu’elle entreprend.

Anne-Sophie Jeannin & Lia Rochas-Pàris Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal , Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal
Anne-Sophie Jeannin & Lia Rochas-Pàris à l’hôtel Providence / Photographies de Shehan Hanwellage

Lia : Je suis tombée sur ton travail suite à une flânerie 2.0. Je ne sais plus exactement par quel chemin, mais j’ai vu ta vidéo sur Vimeo « Saint Sauveur / Mont St Michel « dans laquelle on voit ton travail de céramiste mais aussi ton univers. Ça m’a fait penser aux films d’Eric Rohmer et à un certain esprit des romans-photos.

Anne-Sophie : Oh ça me fait super plaisir, Rohmer est l’un de mes maîtres à penser ! Concernant l’aspect roman-photo, c’est sans doute lié à la spontanéité de la vidéo. Je l’ai réalisé sans budget, sans ingé son, juste avec un 5D durant deux jours de vacances. Les sous-titres étaient une alternative.

Lia : Et ça rend bien, ça donne un ton léger à l’ambiance. Les céramiques sont présentées de façon inédite. J’aime beaucoup l’idée.

Anne-Sophie : J’avais envie de développer un univers riche sur le plan créatif autour de Saint Sauveur. Le fait de m’entourer d’amis pour créer du contenu photo ou vidéo n’est pas un hasard. Je conçois mon univers comme un tout, un ensemble. je mène ce projet seule donc le fait de pouvoir travailler avec des gens que j’aime qui me permettent de construire des histoires autour de la céramique, c’est indispensable et je les remercie beaucoup. Aussi, disons que pour moi, la céramique est à la confluence de tout ce que j’aime. Je pense être « multi-task ». La céramique m’a amenée à me positionner dans mon rapport à la nature. Je travaille sur un projet vidéo avec Remi Ferrante sur des questions énergétiques, chamaniques, sur notre rapport à la nature ou à la ville…

Lia : Notre rapport à la terre est fondamental…

Anne-Sophie : Pour moi, le rapport à la terre m’a permis de canaliser mon surplus d’énergie. Quand je me pose à l’atelier, il faut que je sois concentrée, que je me vide la tête. Tu te fais dompter par la nature. Tu te dois d’écouter la terre. Ma professeur me disait toujours qu’on travaille la terre comme un organe qu’on doit remettre à sa place.

Lia : Un peu comme le pain, on a besoin d’être centré, en harmonie ! (rires)

Anne-Sophie : Quand j’ai commencé à m’intéresser à la céramique, j’avais envie de faire des pièces brutes qui peuvent abriter des végétaux, et des bougies à la lavande. J’ai eu la chance de pouvoir suivre le processus de distillation dans les champs de lavande. Grâce notamment à Marion Held Javal, qui est un peu comme une deuxième mère,elle a une maison à Banon, dans les Alpes de Haute-Provence, où il y a des champs de lavande immenses. On a pu rentrer en contact avec les producteurs, faire les récoltes, aller dans les distilleries, on a pu voir comment elle se transforme en huile. J’avais envie de créer un objet accessible et non d’être dans une démarche artistique. Je ne me considère pas comme une artiste, je fais de l’artisanat, j’exprime ma créativité par ce biais-là.

Lia : On peut tout à fait être « créatif » sans prétendre faire de l’art pour autant. D’ailleurs, même un économiste peut être créatif.

Anne-Sophie : Complètement, mon travail en céramique se base vraiment sur le savoir-faire, la technique. C’est très créatif mais je ne me considère pas comme une artiste.

Lia : Saint Sauveur, ça sonne comme une évidence. C’est fort. Qu’est ce qui t’a amenée à faire de la céramique ?

Anne-Sophie : Mon histoire personnelle, mes racines. La famille de ma mère vient de la commune de Saint-Sauveur, c’est un site extrêmement riche qui doit remonter au Moyen-âge, beaucoup de personnes font de la poterie, façonnent la terre.

Lia : Avant la céramique, quel a été ton parcours ?

Anne-Sophie : Au début, j’avais envie de faire de la photographie de mode (rires), mon père est journaliste alors je crois qu’il m’a influencé. J’ai fais l’école des Ateliers de Sèvres (…) finalement, j’ai bossé chez Tête d’Affiche pendant trois ans, à l’époque des « party girls », l’agence s’occupait notamment de la DA du Baron… J’ai réalisé que j’avais 20 ans, et qu’à 11h j’allais travailler en pyjama au bureau , je me suis dit « qu’est ce que je vais faire de ma vie ? » ! J’ai repris des études, trois ans à la Sorbonne en spécialisation Image. Puis j’ai rejoint mes copines du Septième Continent où j’ai à la fois produit des courts métrages, en m’occupant à la fois des RP et de la communication globale de nos évènements. Ensuite, je me suis vite rendue à l’évidence que la production n’était pas assez créative pour moi, je préfère faire mes vidéos que produire celle des autres, c’est une certitude. Quand j’ai pris une année sabbatique, je passais ma vie dans les salles de cinéma ; à terme, j’aimerais vraiment réaliser un documentaire et un court métrage. La céramique a été une révélation et je me suis demandée pourquoi j’avais pas fait ça quand j’avais 19 ans !

Lia : Simplement parce que ce n’était pas le moment ! On a besoin de passer par d’autres sentiers pour assumer ces choix présents.

Anne-Sophie : Effectivement, c’était une question de timing !

Lia : En tout cas, c’est certain que lorsque l’on met la main à la pâte, on ne peut pas être accroché à son téléphone ou sur un clavier. On est sans cesse alpagué par les réseaux, comme une forme d’intrusion qu’on laisse venir malgré nous.

Anne-Sophie : Quand tu penses aux bouleversements que toutes ces technologies ont provoqué ! C’est devenu obsessionnel ! Les rapports familiaux sont chamboulés « Attends chéri, je check mes emails », tu relèves la tête trois heures après. C’est flippant, même si je suis la première à être sur mon téléphone…

Lia : Ce qui était secondaire est devenu aujourd’hui omniprésent. Tu imagines qu’à un moment, les télévisions étaient devenues les feux de cheminée des foyers urbains !

Anne-Sophie : Maintenant quand je pars à la campagne, je décroche de mon iphone, et ça me fait un bien fou ! Pour moi, à l’inverse, le feu de cheminée est devenu un véritable écran de télévision, je suis comme captivée. En ce moment on écrit avec Rémi sur les énergies, c’est pour ça qu’on aime la nature, elle nous la rend bien cette énergie. Un bon taux vibratoire éloigne de nous les gens médisants..

Lia : Les lois de l’attraction !

Anne-Sophie : C’est exactement la même chose. J’ai remarqué qu’en faisant le ménage autour de moi des événements positifs commençaient à arriver.

Lia : Forcément, on se libère des mauvaises ondes…

Anne-Sophie : Dans le fond, ce qui est assez incroyable avec la céramique, c’est le fait de matérialiser un objet à partir d’un élément naturel. Je trouve ça fou.

Anne-Sophie Jeannin, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal

Saint Sauveur sur FB
saintsauveurparis.com

L’Hôtel Providence
90, rue René Boulanger Paris 10e
Tel. 01 46 34 34 04

2 thoughts on “ANNE-SOPHIE JEANNIN
Hôtel Providence

  1. Quel bel endroit ! Comme Anne-Sophie, je suis passionnée par Rohmer. J’ai même fait mon mémoire de maîtrise (comme on disait à l’époque) sur son cinéma.
    Ou peut-on voir ses poteries ?
    J’adore la photo baignoire.

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