CAFÉ MATINAL AVEC ESTHÈLE GIRARDET À LA BRASSERIE BARBÈS
Fondatrice de More Than a Gallery #MTAG et co-fondatrice de IRÈNE Erotic Fanzine
C’est lors d’un séjour à Londres  où Esthèle Girardet était assistante photographe que IRÈNE Erotic Fanzine a vu le jour; alliance de trois femmes et amies expatriées, Geneviève, Lucie et Esthèle.
Un fanzine érotique – évidemment – aux teintes surréalistes pour lequel Esthèle s’occupe du design éditorial. Et après quelques numéros d’Irène accueillis avec succès, Esthèle a voulu synthétiser ses divers pôles d’activités (graphisme, curating, édition) en un concept : « More Than a Gallery » (MTAG). Rencontre avec une femme pluridisciplinaire et pleine de ressources au Café Barbès, l’occasion d’en savoir un peu plus sur les projets existants et à venir.

Esthèle Girardet & Lia Rochas-Pàris au Café Barbès / Crédit photos: Shehan HanwellageEsthèle GirardetLia Rochas-PàrisEsthèle Girardet & Lia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageLia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageShehan HanwellageEsthèle Girardet & Lia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageEsthèle Girardet à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageLia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageEsthèle Girardet & Lia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageEsthèle Girardet à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageLia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageEsthèle Girardet & Lia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageEsthèle Girardet & Lia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageEsthèle Girardetà la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageEsthèle Girardet & Lia Rochas-Pàris à la Brasserie Barbès / Photos: Shehan HanwellageEsthèle Girardet & Lia Rochas-Pàris / Brasserie Barbès / Photos: Shehan Hanwellage

Lia: Peux-tu me raconter comment IRÈNE erotic fanzine a vu le jour ?
 
Esthèle: Je venais de m’installer à Londres où j’ai rencontré Geneviève et Lucie. Geneviève est designer lingerie et voulait y faire un look book. À ce moment là, je vivais dans le studio de la photographe que j’assistais, du coup on avait tout le matériel à disposition.  Petit à petit, au fil des numéros, IRÈNE  a commencé à se dénuder (rires).  Au début, c’était une idée très spontanée ! Irène est née il y a quatre ans.
Lia: C’est souvent comme ça que naissent les meilleurs projets, sans forcément penser à une finalité. Même si tous les projets qui sortent, « naissent » d’une certaine manière, le fait que celui ci porte un prénom féminin, lui donne une autre dimension.IRÈNE serait presque plus qu’un magazine, mais une femme aux multiples visages ?
Esthèle: On aime bien jouer sur ce côté là. Le choix d’un prénom féminin est venu pour incarner une identité qui nous représenterait toutes les trois. Nous étions très inspirées par le surréalisme et Irène Hamoir était la muse de René Magritte. C’est un prénom qui détient aussi une part de masculinité. Le fait que nous étions à Londres, nous a vraiment désinhibées pour créer ce fanzine, tout était spontané, presque « freestyle ». On shootait la nuit dans Victoria Parc : Lucie en lingerie, avec un ami artiste qui gérait la lumière et Geneviève qui tenait des briquets rouges, verts, bleus devant le flash pour créer des effets (rires). On ne se verrait pas du tout faire ça dans le bois de Boulogne ! (rires)
Lia: (rires) Tu m’étonnes ! Il faut toujours un brin de folie dans la création, même quand c’est maitrisé. Il me semble que vous avez très vite connu pas mal de succès. Je me souviens encore du lancement chez O.F.R (pour le #3), il y avait beaucoup de monde. En terme de promotion / diffusion, comment vous y êtes vous prises ?
Esthèle: Avec Facebook comme tout le monde. On a créé une page et dès le premier jour on a reçu plein de « likes » (rires), comme un feu de joie. On y croyait pas; je ne sais pas combien de personnes ont tapé le mot « erotic » dans le moteur de recherche. Finalement, le projet a bien décollé grâce aux réseaux sociaux. Et on avait présenté IRÈNE à Alexandre (O.F.R) qui nous a motivé pour faire un lancement !
Lia: Les réseaux sont des moyens utiles, une forme de « Do it yourself » en communication. Ceci dit, j’ai l’impression que Facebook a beaucoup moins d’impact depuis quelques temps, sans doute avec l’apparition d’Instagram.
Esthèle: Personnellement, j’utilise toujours Facebook pour créer des événements, ça reste pratique. Mais en dehors de ça, je vais de moins en moins dessus. L’interface, toutes les informations qu’on y lit, ce qu’on y voit… Mais peut-être que nous nous sommes tournées naturellement sur Instagram parce que l’image nous intéresse plus ?  Alors que d’autres préfèrent lire des statuts etc..
Lia: Oui, l’interface d’Instagram est plus « distrayante » quelque part. Et on retrouve une utilité à Facebook qui n’est plus forcément celle de se distraire, mais plutôt comme un agenda, une mise en réseaux, ce qui était le but au départ.
Esthèle: Complètement, une mise en réseaux à des fins utiles. SansFacebook on aurait pas eu autant de succès avec IRÈNE au départ.
Lia: Vous allez reprendre IRÈNE ? La réincarner ?
Esthèle : On réfléchit pas mal à sortir un dernier numéro. Le précédent est sorti il y a un plus d’un an maintenant. Elle nous manque, et vit toujours !
Lia : Finalement, tu es passée d’un projet collaboratif avec IRÈNE, où vous étiez un trio, à un projet que tu gères seule, MTAG (« More Than a Gallery »).
Esthèle: Oui, même si je suis amenée à travailler avec des artistes pour MTAG, je suis seule à gérer le projet. Ce qui n’est pas toujours évident quand on travaille à plusieurs, c’est de réussir à se caler, de devoir faire des compromis. À l’inverse, quand on travaille seule, on a pas toujours de retours; parfois ça me manque.
Lia: C’est tout le paradoxe…
Esthèle: L’objectif était de créer un concept qui puisse réunir plusieurs de mes activités : le graphisme, le curating et l’édition parce que j’adore travailler avec des artistes. MTAG c’est la réunion de tout ça. Je l’ai lancé il y a plus d’un an avec comme objectif d’avoir une interface internet, vente en ligne. Et finalement, je vais ouvrir un local à Montmartre où il y aura un bureau, des murs pour exposer, une boutique dédiée à l’auto-édition…
Lia: Super ! Quand est-ce que tu l’ouvriras ?
Esthèle: L’ouverture officielle aura lieu durant Paris Photo mi novembre, avec une exposition de jeunes photographes et la publication d’un catalogue. Je veux vraiment que ce soit un lieu vivant, avec des expositions, des ateliers le samedis, des projections de films… Un espace sans prétention. J’avais d’ailleurs fait mon mémoire sur les nouvelles formes curatoriales. Et s’il y a une chose que je ne supporte pas ce sont les espaces très blanc, très austères.
Lia: Donc une alternative au White Cube ?
Esthèle: Complètement. J’ai une prédilection pour les lieux hybrides.
Lia: Du coup, MTAG va forcément prendre une autre direction ? Sortir de l’écran pour être accessible concrètement ?
Esthèle: Une dynamique plus humaine quelque part. Je ne sais pas si c’est l’âge, mais j’ai l’impression de prendre de plus en plus de distance avec les écrans.
Lia: Oui, on travaille déjà énormément avec les écrans, on a peut-être appris à les utiliser à bon escient, à des fins utiles.
Esthèle: Complètement. J’adore mon boulot mais il faut que ça reste rythmé par quelque chose de vivant, un geste, une rencontre enfin quelque chose de physique.
Lia: Notre génération a grandi avec des téléphones fixes, des rendez-vous improvisés, internet n’était pas aussi présent et les écrans pas autant qu’aujourd’hui. Je constate avec ma fille, l’aisance avec laquelle elle apprivoise les écrans. C’est vraiment intuitif. L’image de soi a d’ailleurs complètement été bouleversée. On est loin du Stade du Miroir de Lacan, on pourrait presque parler du « Stade des Selfies » ! Un peu flippant…
 
Esthèle: Oui, les smartphones se sont tellement banalisés qu’ils en sont devenus presque aussi utiles qu’une fourchette ou un couteau. (rires)
Lia: Tu vois des gamins faire des selfies, des duckface. Il y a vraiment de nouvelles attitudes face aux écrans.
Esthèle: Au départ, il me semble que les selfies étaient vraiment connotés au porno, une exhibition du corps, des seins, des images crues. (je suis pas sûre hein !)
Lia: Pour toi, quelle est la différence entre érotisme et pornographie ?
Esthèle: L’érotisme est lié à la suggestion. Et ce n’est pas évident aujourd’hui de trouver des images qui restent dans cette finesse, dans la subtilité, alors que le porno est plus frontal.
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