LE CAFÉ MATINAL AVEC FANNY RIVRON & VICTORIA HOUSSAY AU CAFÉ COUTUME

Le Twist

Il y a quelques mois, Victoria Houssay et Fanny Rivron, deux amies journalistes, ont décidé de lancer Le Twist, projet en ligne dont le slogan est « idées chics pour filles fauchées ». Un site qui regorge d’astuces, de trouvailles, de recettes et d’alternatives à prix doux. Les deux acolytes ne manquent pas de ressources et d’imagination. Nous nous sommes retrouvées au Café Coutume comme si nous faisions un « brainstorming » autour de la vie citadine et des petites manies contemporaines. Nous avons parlé de Latté Art, du Storytelling sur Instagram, de la marche à pied ou encore de consommation compulsive… Rencontre avec un duo complémentaire qui aime (se) faire plaisir mais pas à n’importe quel prix !

Le Twist & Lia Rochas-Pàris Le Twist & Lia Rochas-Pàris Victoria Houssay / Le café matinal Le Twist & Lia Rochas-Pàris Le Twist & Lia Rochas-Pàris Fanny Rivron / Le café matinal Victoria Houssay / Le café matinal Le Twist & Lia Rochas-Pàris Le Twist & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Fanny Rivron / Le café matinal Le Twist & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal victoria Houssay / Le café matinal Le Twist & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Fanny Rivron / Le café matinal Le Twist & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Le Twist & Lia Rochas-Pàris / Le café matinal Victoria Houssay / Le café matinal Fanny Rivron / Le café Matinal
Fanny Rivron, Victoria Houssay et Lia Rochas-Pàris / Photographies de Shehan Hanwellage

Lia : On a l’impression d’être dans un « open space » pour une réunion de travail ! (rires)

Victoria : Il est génial, ce cygne dessiné dans la mousse ! Avant de voir cinq Latte art par jour sur Instagram, je ne connaissais pas. Quand j’étais étudiante à Anvers, je me prenais un petit café à emporter le matin et j’étais persuadée que ce petit cœur dessiné à la surface du capuccino, c’était une déclaration du beau serveur… Ça me mettait d’humeur guillerette pour la journée. Je ne vous raconte pas la déception quand j’ai réalisé que c’était finalement assez commun.

Fanny (rires)

Lia : Jolie anecdote ! Tellement « pré-Instagram ». Comme quoi, il y a un avant et un après.

Fanny : Tellement ! Et maintenant, il y a les gens avec et les gens sans.

Victoria : Moi la mise en scène sur Instagram me fascine.

Lia : C’est du « storytelling » à l’échelle de chacun et à la portée de tous. 

Fanny : (rires) J’ai lu que c’était très mauvais pour la santé mentale, de voir toutes ces vies parfaites.

Victoria : Beaucoup de gens critiquent le fait qu’on ne montre que le meilleur… En fait, je trouve que c’est une politesse.

Lia : Joliment dit.

Victoria : Même si de l’extérieur, ça peut être complexant, il faut être conscient que ce n’est pas la vraie vie. Moi avec mon boulot, je peux « instagramer » une pâtisserie de palace alors que ma CB est bloquée parce que je suis à découvert. Après, je prends ça comme un jeu, ça me fait rire. J’ai vu une nana dire il y a quelques temps « Je me mets sur Instagram mais promis, je posterai jamais de bouffe ». Ça n’a pas loupé, quelques semaines plus tard, elle « instagramait » son assiette. Je ne pense pas qu’il y ait de honte à ça. Comme quand une connaissance te demande « Comment tu vas », tu ne l’accables pas avec tes problèmes de santé ou le fait que ton chat ait encore gerbé sur le clavier de ton ordinateur portable.

Lia : Oui, tout dépend comment tu gères ta propre vie, comment tu l’exposes. Présenter le quotidien derrière le meilleur angle, sans rentrer trop dans des détails de son intimité, ça peut favoriser la visualisation positive.

Fanny : C’est vrai ! Quand je regarde mon fil de photos, je me dis que ma vie est assez jolie aussi. (Rires)

Lia : C’est ce qu’on appelle le narcissisme positif. Si on utilise bien Instagram, entre le fil d’actualités choisies et nos propres images, ça peut être plus efficace qu’un rayon de livres de développement personnel à la Fnac. Dans tous les cas, devant ou derrière l’écran, on peut choisir ce qu’on a envie de voir.

Fanny : Oui, j’avoue avoir aussi quelques réflexes assez malsains sur Instagram. Comme continuer à suivre des gens qui sont dans la mise en scène et ridicules parce qu’ils me font rire.

Lia : En effet, même si on en a conscience, ça peut plomber… Alors que c’est une forme de poudre d’escampette ! Par exemple, les personnes qui exhibent leur vie amoureuse tentent souvent de se rassurer par le biais du regard des autres, comme une mise à témoin. C’est triste, suspect, un peu comme la montagne qui cache la forêt. Ce n’est pas évident aujourd’hui, comme si ce qu’on vit en off n’avait pas d’existence tant que ce n’est pas publié. Vivre le moment présent sans laisser de trace, savoir prendre son temps est devenu tout un art.

Victoria : Ça, c’est un luxe gratuit !

Lia (rires) : Sauf si on reprend l’idée que le temps c’est de l’argent.

Fanny : Prendre son temps est surtout incompatible avec la vie d’aujourd’hui.

Lia : Quand vous avez du temps, vous faites quoi pour vous détendre ?

Fanny : Un giga bain moussant avec un film en face de la baignoire !

Victoria : J’adore me balader dans Paris… La moyenne de mon podomètre est à plus de 10km par jour !

Lia : La marche à pied, c’est le meilleur des sports selon mon acupuncteur ! Un des secrets de ligne des Parisiennes (ajouté au stress et à la caféine). 

Fanny : C’est aussi la raison du découvert dont tu parlais tout à l’heure, Victoria ! (rires)

Victoria : Non je ne surconsomme plus. C’est ma résolution tardive !

Fanny : À chaque fois que je vois un médecin, il me demande si je fais du sport. Je dis non (moue de réprobation) mais que je marche beaucoup en revanche. Là, leur visage s’éclaire et ils disent « ah bah c’est bon alors ».

Lia : La consommation à la maison via Internet me semble plus risquée que lorsqu’on se balade dans les rues…

Fanny : Je croyais aussi et puis j’ai réalisé que je dépense beaucoup moins d’argent depuis que je travaille chez moi. Ou alors je dépensais beaucoup de fric parce que je n’étais pas bien dans mon job. C’est l’idée de la consommation frustration.

Lia : Comment vous est venue l’idée de lancer Le twist ?

Victoria : On était journalistes dans la même boîte, un peu frustrées d’écrire pour les autres tout le temps ; on a eu envie de faire notre site où on pouvait parler plus librement de trucs qui nous touchent vraiment. C’est venu à un moment où beaucoup de potes montaient leur boîte ou se lançaient dans des projets persos  On a voulu faire quelque chose qui nous ressemble ! Sans prise de tête mais avec sérieux. D’ailleurs, on n’aime pas se dire qu’on a créé un blog. On n’a pas de souci avec l’idée. Il y a plein de blogs qu’on aime beaucoup, mais on essaye d’éviter les sujets trop personnels. On a plus tendance à dire que c’est « notre projet » ou « notre site ». En fait, même s’il est moins alimenté qu’un gros site d’info féminin, on le voit comme un média à part entière.

Fanny : Oui un média mais avec un ton, des sujets plus libres, à la Stylist ou à la Paulette qui sont des magazines qu’on aime beaucoup.

Victoria : Paulette se définit comme un « féminin fait maison ». J’aime bien l’idée. La frontière entre le blog et le site d’info est mince… Sur un site d’info, tu peux avoir des billets d’humeur à la première personne. D’un autre côté, les blogueuses pros ont une vraie petite équipe qui s’apparente à une rédac’. Quand je réfléchis à la question, je ne me sens pas blogueuse. Par exemple, on n’a jamais montré notre tête dans un article !

Fanny : On n’avait pas du tout envie du côté « Aujourd’hui je porte mon jean Pimkie en buvant mon smoothie #healthygirl ».

Lia : (Rires) Oui, ça tourne vite en rond. J’aime beaucoup votre slogan : « Idées chics pour filles fauchées ». Complètement dans l’air du temps ! 

Victoria : On a décidé de revendiquer le côté « fauché » parce qu’on veut proposer des choses à un prix abordable ou raisonnable. Quand tu gagnes un SMIC et qu’en tournant les pages d’un magazine tu vois un canapé à 3700 euros dans la rubrique déco, un palace dans la rubrique voyage, du Balmain et du Céline dans un éditorial mode, c’est frustrant…

Fanny : En même temps, on fait pas du radins.com, du bon plan pur.

Victoria : Après, comme Fanny, j’aime les belles choses. Bien manger, sortir, soigner son intérieur, se faire plaisir, ce sont des petits luxes. Genre un sandwich avec du jambon Prince de Paris, du beurre Bordier, du pain bio croustillant, ça coûte six euros… C’est un luxe, car c’est plus cher qu’un sandwich lambda, mais un luxe abordable !

Lia : Le twist ? Pourquoi ce titre ?

Fanny Le twist, c’est l’idée du petit truc qui change tout. Un accessoire un peu haut de gamme qui pimpe ton jean Zara, le petit pshitt d’huile de truffe qui rend tes spaghetti grandioses. Des petites astuces qui suffisent pour donner de l’allure aux choses.

Lia : Vous proposez des alternatives de gestion du porte-monnaie en quelque sorte. 

Victoria : Voilà, même si on ne partagera pas des bons plans coupons Auchan non plus, c’est pas notre vocation. Après on se demande souvent où est la limite. On sait qu’on est des Parisiennes avec un petit salaire mais des goûts de luxe. On ne veut pas pousser à la surconsommation. Ça n’a pas de sens de faire des gros craquages shopping dans des grandes enseignes de fast fashion. Ce serait cautionner des catastrophes humaines et écologiques. Tu ne peux pas avoir comme baseline « Idées chics pour filles fauchées » et conseiller à une lectrice d’acheter du made in France à 250 euros, au lieu de 10 merdes à 25 euros. C’est pourtant censé comme démarche. L’idée est de trouver un juste milieu entre belles pièces, basiques à petit prix, vintage…

Lia : Mon père m’a toujours dit que le vrai chic parisien, c’est de savoir mixer des vêtements chinés, bradés avec des pièces de qualité. 

Fanny : Ton père est complètement Twist !

Victoria : Ça nous parle beaucoup ! Et je suis dans une même optique pour l’alimentation : le nécessaire au supermarché, de temps en temps du bio si le budget le permet, de la viande rarement, mais de qualité… Et de temps en temps, un gros craquage industriel, parce que personne n’est parfait !

Lia : Tout à fait, il n’y a rien de pire que de se mettre des barrières (qu’on pourrait franchir) alors que si on accepte nos petites contradictions, on vit beaucoup mieux.

Fanny : Oui, d’ailleurs on franchit les barrières très souvent ! À chaque fois qu’on fait une sélection shopping à moins de 40 euros, il y a une pièce qui n’est pas dans le budget mais qui est tellement bien qu’on la met quand même.

Victoria : Oui, comme les bonnes résolutions de janvier.

Lia : Il faut bien rêver aussi. Et il n’y a pas de mal à se faire du bien (dans la limite du raisonnable).

Fanny : Pour en revenir aux fringues chinées, notre article sur les meilleures friperies de Paris est un de ceux qui ont le plus plu.

Lia : Les fripes restent toujours sources de plaisirs uniques. C’est très plaisant de chiner une jolie pièce qu’on ne verra pas sur toutes les femmes qu’on croise. Une vraie satisfaction.

Fanny : Oui, mes fripes, je ne m’en sépare jamais, d’ailleurs. Alors que je fais des grands ménages de penderie très souvent.

Lia : Moi aussi, j’ai toujours fonctionné comme ça. Faire le vide pour mieux remplir à nouveau (rires)

Victoria : Et il y a vraiment des affaires à faire. Il faudrait aussi qu’on pense aux dépôts-ventes dans le même genre. J’adore me dire que les vêtements ont une histoire, imaginer qui les a portés… C’est bien de penser à consommer différemment, de sortir des circuits classiques !

Lia : J’avais lu dans une salle d’attente un article dans Elle sur les façons de s’adorer. Selon le Dr Aga, un dressing bien pensé flatterait l’égo. Autrement dit, peu de pièces mais bien choisies !

Fanny : J’aime bien le Dr Aga ! C’est toujours drôle.

Lia : Le problème réside dans l’insatisfaction de la consommation compulsive. Une fois embrayée, ce n’est pas évident de freiner. 

Victoria : Oui, ce sont des bonnes habitudes à prendre… C’est toute une rééducation finalement. Après, je n’ai pas envie que Le twist soit un guide du bien consommer, même si dans nos vies quotidiennes, on essaie au maximum d’être éthiques.

Fanny : Oh oui, on voulait à tout prix éviter le côté moralisateur, prescription : « Il faut porter du jaune », « Il faut pas faire ça ».

Victoria : Oui, je déteste les affirmations des magazines féminins type : « Le bol est la nouvelle assiette » (lu dans Elle il y a quelques semaines), « tel aliment remplace tel autre »…

Lia : Vous avez une manière de présenter vos sujets avec de l’humour.

Fanny : On essaie, toujours !

Victoria : On aime rester légères, on aborde des sujets qui semblent futiles (même si Sophie Fontanel explique très bien que la mode, par bien des aspects, n’est pas si futile), mais on aime aussi parler de culture : expos, ciné, notre rubrique « Le Poche du mois »…

Lia : Mode, bricolage, cuisine, paresse, voyages… On pourrait presque parler d’un mode vie Twist.

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Coutume Café

47, rue de Babylone Paris 7e

5 thoughts on “LE TWIST
Coutume Café

  1. Chouette conversation ! J’aurais beaucoup aimé y participé.
    Comme Victoria, je ne vois pas pourquoi on posterait du moche sur Insta. Pour moi, c’est comme si on écrivait volontairement des fautes d’orthographe.
    J’adore la mise en scène insta ; l’édition me manque tellement alord je me régale à prendre les photos, choisir mon cadrage, penser ma légende.
    Adepte du cafougnette (nom donné aux flea market à Dunkerque où je suis née) depuis l’enfance, j’aime l’idée de mélanger. Une seule belle pièce suffit en effet à illuminer un velours lambda. Bravo les filles ! Fanny, je suis d’accord avec toi, c’est tellement agaçant ces journalistes qui t’expliquent quoi porter. Je m’habille toujours comme je l’entends. Bisous à toutes les trois !

  2. @Sylviane : « Je ne vois pas pourquoi on posterait du moche sur Insta. Pour moi, c’est comme si on écrivait volontairement des fautes d’orthographe. » => C’est tellement ça. J’adore comme toi concocter un post Insta pendant une plombe <3 Je te suis depuis un bout de temps sur Instagram, c'est chouette de prolonger la conversation avec toi ici 🙂 Bisous !

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