CAFÉ MATINAL AVEC LEO DORFNER AU POUTCH

Artiste et directeur artistique de Branded, magazine en ligne.

Leo Dorfner est un artiste polymorphe avec une grande production à son actif déjà: Des portraits en aquarelles, des paquets de Gitanes revisités, des hâches gravées, des gravures « tatouées », des photographies argentiques…  Aujourd’hui Dorfner  est représenté par la galerie ALB.  À côté de sa pratique, il est également directeur artistique de Branded, le magazine en ligne. Digne héritier de la culture rock’n’roll, Dorfner n’en est pas moins en accord avec notre époque, connecté et réactif.  Nous avions l’habitude des cafés matinaux dans le 13eme, notre arrondissent de prédilection, où Dorfner a son atelier, mais pour cette rencontre nous nous sommes retrouvés au Poutch, à deux pas de chez lui. Nous avons abordés plusieurs sujets comme l’influence de la musique dans le processus créatif, de tatouages ou encore de Houellebecq. Un moment vraiment digne de « Coffee & Cigarette »… Pas de coincidence, mais un rendez-vous, le Poutch se situe à la même adresse que l’ancien Sweat Shop de Martena Duss, et histoire de rester fidèle à notre nombre fétiche, c’est au numéro 13. ^^

Leo Dorfner & Lia Rochas-Pàris au Poutch / Photos de Shehan Hanwellage Shehan Hanwellage Shehan Hanwellage Leo Dorfner au Poutch / Photos: Shehan HanwellageLeo Dorfner & Lia Rochas-Pàris Leo Dorfner au Poutch / Photos: Shehan Hanwellage Leo Dorfner & Lia Rochas-Pàris au Poutch / Photos: Shehan Hanwellage Leo Dorfner au Poutch / Photos: Shehan Hanwellage Shehan Hanwellage Leo Dorfner & Lia Rochas-Pàris au Poutch / Photos: Shehan Hanwellage Shehan Hanwellage Leo Dorfner au Poutch / Photos: Shehan HanwellageLeo Dorfner & Lia Rochas-Pàris > Le Poutch / Photographies: Shehan Hanwellage

Lia: Quand nous nous étions rencontrés, en 2010, tu faisais essentiellement des portraits en aquarelles et les paquets de Gitanes revisités, depuis tu as fait du chemin…

Dorfner: Oui, même si ma peinture est essentiellement figurative, j’aime l’idée de ne pas être un artiste monomanique. Je m’intéresse au corps, au visage à la figure humaine en général. Et depuis quelques années, je récupère des images, comme des gravures de baptême, des photographies de sculpture de la renaissance, ou des magazines érotiques vintage. Le point commun c’est le corps, sur lesquelles je dessine, j’écris. Il y a l’idée de tatouage souvent, puisque je suis la ligne de la peau, mais pas forcement. En lien avec ce travail de réécriture il y a toute une série de peinture suivant le même principe, avec une image recouverte de texte, de logo, de symbole qui font partie d’un vocabulaire que je développe. Par ailleurs, je continue mon travail sur les paquets de gitanes, Smoke Signal, qui est un hommage au Rock’n’Roll et à son univers visuel. Je fais aussi de la photo, notamment des polaroids, et de la sculpture depuis peu, en utilisant des haches, qui sont un symbole récurant dans mon travail. Je pense d’ailleurs m’orienter de plus en plus vers un travail en volume.
Lia: La musique tient une place importante dans ton travail, on le remarque précisément avec les peintures dans les paquets de Gitanes, pour la plupart des pochettes d’album peintes en aquarelle.
 
Dorfner: Oui et pas seulement avec les paquets de Gitanes. Que ce soit avec les textes qui recouvrent mes œuvres ou les titres de celles-ci, il y a beaucoup de référence à la musique dans mon travail.
Lia: Au début, tu semblais fonctionner par séries, aujourd’hui comment procèdes-tu ?
Dorfner: L’idée de série est assez cloisonnante, je considère tout mon travail comme un ensemble. Je fonctionnais uniquement par série auparavant mais il arrive parfois qu’une œuvre ne rentre dans aucune case, ou soit un case à elle seule. Je pense qu’il faut se laisser libre de faire ce que l’on veut, même si l’on peut distinguer des grands ensembles dans mon travail.
Lia: Quand on voit tous les paquets de Gitanes, on se dit forcément que tu as beaucoup fumé. Je ne te jetterai pas la pierre.
Dorfner: Je ne les ai pas toutes fumées. Je les stock.
Lia: Tes références ne se cantonnent pas seulement au rock’n’roll mais aussi à la littérature, comme Michel Houellebecq…
Dorfner: Oui, je fais pas mal de références au Rock mais pas seulement, je dirais plutôt que je m’inspire de la culture en générale, populaire ou savante. Je fonctionne beaucoup avec des références, des citations. Il me semble que nous nous définissons tous par une base culturel. Je fais aussi des références à la Bible qui n’est pas forcément une culture commune mais en tout cas une culture partagée. Puis je parle assez souvent de cinéma.
Lia: Et concernant les tatouages ? Finalement, je t’ai connu sans et au fur à mesure se sont ajoutés des marques sur tes bras. – tu t’es même fait tatoué des phrases tirées d’un roman de Houellebecq sur le bras: « Elle a le souvenir dans ses yeux de cristal » et « elle a mon avenir dans ses mains de métal ».
Dorfner: Il s’agit d’un poème qui s’appelle Derniers Temps qui figure dans La poursuite du bonheur (1997) qui m’a beaucoup marqué pour plein de raisons.
J’aime beaucoup Houellebecq.
Lia: Et tu as même pu rencontrer Houellebecq en vrai !
Dorfner: Oui, récemment au vernissage de son expo de photo. On a pas mal discuté. Ça restera un immense souvenir.
Lia: Dans tes peintures, les mots et les images s’avoisinent, pourrait-on y voir une influence de la bande dessinée ?
Dorfner: Oui et non. Je pense que le rapport texte/image n’est pas forcement lié à la bande dessinée. C’est un duo assez récurrent. Je pense par exemple à la peinture de Philippe de Champaigne, Portrait de mère Agnès Arnauld et de sœur Catherine de Sainte-Suzanne, dit L’Ex-voto.
Lia: Et le magazine Branded ? Comment as-tu choisi le titre ? Quelle est la ligne directrice de ce magazine ?
Dorfner: Branded c’est un magazine culturel en ligne, qui traite principalement d’art, mais aussi de musique, cinéma, littérature et tout autre sujet culturel, ou abordé sous un angle culturel. Les rédacteurs sont sans contraintes idéologiques. Pour paraphraser Oscar Wilde on parle « des choses sérieuses avec légèreté et des choses légères avec sérieux ». Pour le nom du magazine, ça vient du film The big Lebowski.
Leo Dorfner sur Instagram & sur Facebook
Leo Dorfner participe en ce moment au projet Shelves
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13, rue Lucien Sampaix Paris 10eme
09 53 70 90 83

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