LE CAFÉ MATINAL AVEC MARIN MONTAGUT AU PETIT CHÂTEAU D’EAU

Marin Montagut

Esthète aux multiples talents, Marin Montagut est à la fois illustrateur, réalisateur, auteur, globe-trotter, chineur… Avec habileté, il arrive à toucher à différents domaines tout en gardant un fil conducteur très personnel. Marin aime prendre son temps tout en se donnant les moyens de réaliser ce dont il a envie. Nous nous sommes retrouvés sur la terrasse du Petit Château d’eau, où nous avons bu des cafés allongés, au sens propre et figuré. Rencontre avec Marin Montagut, un homme talentueux qui (re)dessine le monde aussi bien avec un pinceau, un stylo ou une caméra…

Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-PàrisLe café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-PàrisLe café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris Le café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-PàrisLe café matinal, Marin Montagut, Lia Rochas-Pàris
Marin Montagut & Lia Rochas-Pàris au Petit Château d’eau / Photgraphies de Shehan Hanwellage

Lia : Commençons par le commencement « BONJOUR ! », c’est devenu ta signature introductive ! (rires)

Marin : Il y a de ça oui. Je suis poli. Ma mère m’a toujours appris à dire « BONJOUR ! »…

Lia : Avec une intonation enjouée, même à l’écrit !

Marin : Tout à fait ! C’est un BONJOUR exclamatif.

Lia : « BONJOUR » permet de bien démarrer les journées, un peu comme le café. La bonne humeur fait des échos !

Marin : À Paris, le BONJOUR se fait rare en poussant les portes des échoppes. Je rentre tout juste de Tokyo où le « KON’NICHIHA » est comme une évidence. D’ailleurs, je devrais peut-être faire « Kon’nichiha Tokyo » plutôt que « Bonjour Tokyo » (rires).

Lia : Qu’est-ce qui t’a amené à concevoir les guides « Bonjour Paris », Bonjour New York, Bonjour Londres..?

Marin : Je voulais créer une carte qui n’existait pas. Une sorte de carte aux trésors. L’envie d’être généreux et de partager mes adresses parisiennes avec les curieux qui veulent appréhender une ville autrement. J’ai voulu partager mes adresses à travers lesquelles j’ai appris à connaître Paris différemment. Le Paris des artisans, celui des petites échoppes secrètement cachées au fond des cours pavées. J’avais envie d’une carte grâce à laquelle j’apprendrais à découvrir une ville à travers le regard d’un initié. Et c’est pour cette raison que je pose mes bagages plusieurs semaines avant de rapporter un nouveau « Bonjour ». Je prends le temps de m’imprégner du quotidien d’une ville pour en livrer ses secrets.

Lia : Et Bonsoir ! Pour bien commencer la nuit… On dirait que tu as toujours dessiné. Tes illustrations sont tellement fluides ! Tu dois éprouver une réelle liberté de pouvoir dessiner ce que tu vois. Une toute autre satisfaction et temporalité que les photos qu’on prend pour les poster sur Instagram…

Marin : Complètement, pouvoir partir en voyage et croquer ce que je vois est une véritable liberté. C’est une satisfaction pour moi de dessiner un objet que j’aime. Venir immortaliser l’identité d’un lieu par l’objet qui le caractérise est un peu comme le photomaton de ton passeport. Un peu comme un photographe qui immortalise un lieu par une photographie; moi c’est par une illustration ! Celle que tu pointeras du doigt sur la carte pour assouvir une envie.

Lia : L’aquarelle ce n’est pourtant pas une technique évidente !

Marin : Au contraire, je trouve que l’aquarelle est une des techniques qu’on peut modeler à l’infini. Celle qui se dilue à volonté, qu’on peut atténuer sans altérer le dessin. À vrai dire, je ne me suis jamais frotté à la gouache ou à une autre technique. L’aquarelle est une bonne copine. Elle est fraiche et je peux l’emmener partout avec moi dans mes valises. On forme une bonne équipe ! Je m’amuse vraiment avec l’aquarelle !

Lia : Moi j’adore le coloriage…

Marin : Ah ! Je croyais que c’était un passe-temps pour les 7 à 77ans ! (rires)

Lia : Certaines personnes font du Sudoku ou des mots croisés… Moi je colorie ! C’est peut-être mon côté mamie… Ou enfantin (rires). Travailler la terre, ça détend aussi…

Marin : Tout à fait… Quand j’étais enfant, je faisais de la poterie. Je suis fasciné par la céramique. Il y a deux ans, j’ai voulu remettre les mains dedans et j’ai fait un stage avec une céramiste pendant un an. Travailler la terre, c’est un moment extraordinaire. Tu as besoin d’être là, au moment présent, sans penser à autre chose sinon la terre ne t’accompagne pas là où tu souhaites l’emmener. C’est une véritable symbiose entre elle et toi. Je prépare actuellement une collection de porcelaines illustrées de mes aquarelles en collaboration avec une céramiste que j’adore ! A découvrir bientôt…

Lia : Et tu ne fais pas que des aquarelles…

Marin : Oui, c’est toujours difficile de répondre à la question « Tu fais quoi dans la vie ? ». Surtout en France, on aime bien pouvoir poser une étiquette sur le métier des gens. Alors, je m’amuse à dire que je fais tous les métiers qui finissent en « eur » : décorateur, réalisateur, auteur, illustrateur etc.

Lia : Je vois trrrrès bien ! On a du mal à te prendre au sérieux. Je dis souvent que lorsqu’on on ne rentre pas dans une case, on est « incasable ».

Marin : Alors qu’aux États-Unis, le fait de toucher à tout est un intérêt de curiosité. La curiosité, c’est être ouvert au monde. Et s’ouvrir au monde, c’est s’émerveiller de ce qui nous entoure. Alors soyons tous curieux s’il vous plait !

Lia : D’ailleurs, Cocteau était un sacré touche-à-tout ! Tout ce qu’il faisait, il le menait au bout. La clef, c’est de faire les choses à fond et bien, et si on a plusieurs cordes à son arc : tant mieux.

Marin : J’ai commencé en tant qu’assistant décorateur dans le cinéma et scénographe qui m’ont amené petit à petit à la réalisation. La réalisation de documentaires m’a fait voyager à travers le monde. Le voyage m’a donné envie de faire partager mes lieux favoris dans des cartes. J’ai eu l’idée de dessiner chaque carte comme des cartes aux trésors. Je chine tous ces trésors à travers le monde que je rapporte dans mes valises. Puis je les expose en vente sur mon e-shop, chacun en pièce unique. La seule logique dans tout ça, c’est la curiosité !

Lia : Le fait de pratiquer et maîtriser plusieurs disciplines te permet d’être plus indépendant ?

Marin : Quand tu réalises un documentaire, tu dois penser l’image, le son, le montage tel un chef d’orchestre qui dirige sa troupe. Après plusieurs documentaires, j’ai eu envie de revenir à quelque chose d’instinctif qui ne dépendra que de ma main pour mener à bien une idée. Je fonctionne à l’instinct, j’aime foncer dès qu’un projet me traverse l’esprit. Et l’indépendance est une grande liberté pour laisser aller ton imagination à la création.

Lia : On revient à l’idée de liberté !

Marin : Oui, la liberté est une grande richesse !  Quand j’étais petit, j’enviais la liberté des adultes. Je trouvais injuste qu’il faille attendre tant d’années pour accéder à cette liberté. Et une fois mes 18 bougies soufflées, je me suis empressé de sauter dans un avion pour Londres !

Lia : Oui, parfois on se fabrique nous-même des barrières. Il suffit de se donner les moyens. Quand on veut, on peut !

Marin : Complètement !

Lia : Tu es un vrai globe-trotter, mais ta base reste la Normandie ?

Marin : D’adoption, oui ! Il y a cinq ans, je cherchais un atelier à Paris mais j’ai réalisé qu’un loyer parisien équivalait à une maison en Normandie. Je préfère donc sauter dans un train à Saint-Lazare et me retrouver une heure après au beau milieu des champs avec mes poules pour travailler au calme. D’ailleurs, j’ai un train dans 1h ! Il y a une brocante dans un village voisin que je ne veux pas rater.

Lia : Partir pour mieux revenir… Depuis gamine, je suis toujours heureuse de rentrer à Paris. Même l’odeur du bitume me manquait ! (rires)

Marin : Quand on a goûté à Paris, on y revient toujours !

 

Marin Montagut
http://www.marinmontagut.com/
et sur Instagram

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Le petit Château d’eau
34, rue du Château d’Eau Paris 10e

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3 thoughts on “MARIN MONTAGUT
Petit Château d’Eau

  1. Cette étroitesse en effet des Français en général de vouloir vous mettre dans une seule case professionnelle ! Ça m’a toujours agacée… Ici à Londres, on peut faire trois métiers (pour des raisons de survie malheureusement, mais c’est aussi un état d’esprit). Ma fille travaille à mi-temps dans un pub et dans un cabinet d’architecture. Tour le monde trouve cela normal. J’adore !
    Bises londonish,
    Syl qui kiffe les photos comme toujours et ces rencontres atypiques !

    1. Malheureusement oui, c’est très français… Ce côté conservateur et étroit. Mais heureusement qu’il existe des esprits libres qui vont au delà de ces barrières imposées <3 Bises parisiennes

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