LE CAFÉ MATINAL AVEC MARION MINUIT AU CHALET DU PARC
Rédactrice en chef de Nous Deux Magazine
Le magazine Nous Deux fête 70 ans cette année ! Aujourd’hui, nous retrouvons Marion Minuit, rédactrice en chef du premier magazine de romans-photos en France. Nous avons discuté des origines des romans-photos, des préjugés sur le genre, de son renouveau 2.0, de notre passion commune pour les images et les bulles. Rencontre entre deux mondes parallèles qui se croisent ! Afin de marquer l’anniversaire, la galerie Le Coeur 83, rue de Turenne présente une exposition autour du baiser à partir de ce soir 19h où vous pourrez également voir une vidéo inédite sur Le Café Matinal réalisée par Charles Marchon.
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Marion Minuit & Lia Rochas-Pàris au Café Le Châlet du parc / Photos de Shehan Hanwellage

Lia : On peut dire que le magazine Nous Deux est à l’origine des romans-photos en France. Et ça fait 70 ans que ça dure !

Marion : Oui, nous sommes du côté tradi et vous avec Le Café Matinal vous arrivez à décaler le genre, c’est super !

Lia : Notre point commun, c’est l’aspect du Story Board. Il existe d’autres romans-photos plus proche de la BD avec les phylactères de formes arrondies. 

Marion : Oui, au niveau de la forme nous avons ça en commun.

Lia : Et l’idée de « Nous Deux », le duo mais sans rapport amoureux !

Marion : En effet, et la fiction en moins !

Lia : Même si le format du roman-photo existe depuis belle lurette, je trouve qu’il colle  toujours à notre époque.

Marion : Je suis complètement d’accord. Et vous arrivez à lui donner une image plus tendance tandis que nous préservons son image populaire. Certaines personnes regardent les romans-photos avec condescendance, c’est dommage.

Lia : Oui, c’est un format marqué par le passé. Il y a quelque chose de nostalgique, de désuet. Pourtant, le format offre une double information, c’est très contemporain comme assimilation. 

Marion : Oui, c’est juste. Le roman-photo est un support de communication moderne qui offre un niveau de lecture facile. Certaines personnes ont même appris à lire grâce au roman-photo, c’est quand même génial !

Lia : C’est le côté ludique de la forme ! J’avais rencontré une femme espagnole qui avait appris le français grâce à Nous Deux !

Marion : C’est hyper touchant ! D’ailleurs Nous Deux est un magazine touchant.

Lia : Vous êtes davantage du côté de la romance, de l’amour ?

Marion : Le magazine a évolué. Aujourd’hui, nous sommes plus dans la vraie vie. Nos lectrices aiment les sujets de société, les scénarios moins lisses comme des histoires de femmes battues, d’homosexualité… Un peu comme dans la série Plus Belle la Vie. Mais les gens restent sur leur a-priori du roman-photos un peu cucul à l’eau de rose…

Lia : Vous entretenez un lien avec vos lectrices ? 

Marion : Oui, on organise des tables rondes avec nos lectrices. On apprend plein de choses grâce à elles. Elles veulent plus d’originalité. Depuis un an ou deux, on travaille vraiment les scénarios pour sortir du schéma classique du couple. On étoffe la partie éditoriale. Nos lectrices aiment les femmes fortes qui ne se laissent pas marcher sur les pieds.

Lia : Vous avez eu quelques célébrités qui ont été lancé grâce au roman-photo ? Dalida par exemple !

Marion : Oui, on en parle dans notre numéro anniversaire. Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Frank Alamo, Sacha Distel, Mireille Mathieu ont tourné dans des romans-photos… Aujourd’hui ça n’intéresse plus les Peoples, ils trouvent ça ringard.

Lia : Vous avez eu des sacrés têtes d’affiches en 70 ans quand même !

Marion : Dans les années 60, c’était l’âge d’or du roman-photos, le premier c’était Johnny Hallyday, on racontait son démarrage dans la vie d’artiste, alors qu’avec Line Renaud on était plus proche de la fiction.

Lia : Le roman-photo est aussi très populaire en Afrique ou en Amérique du Sud. Alors qu’aux États-Unis le format est méconnu. 

Marion : Oui, c’est vrai, Nous Deux est très lu en Afrique ! Le roman-photo comme nous le faisons est proche des Telenovelas.

Lia : À l’origine, les romans-photos étaient italiens ?

Marion : Exactement, le format est né après guerre en Italie. Une famille d’éditeurs, les Del Duca, ont lancé un magazine qui s’appellait « Grand Hôtel ». À l’origine, c’était des romans-dessinés, proches de la BD, avec des histoires très romantiques. Et progressivement ce sont devenus des romans-photos. Ils ont connu un grand succès. Le concept a été exporté en France par l’un des frères qui vivait ici et qui a lancé Nous Deux.

Lia : Incroyable !

Marion : Oui, et dans les années 70 on vendait un million d’exemplaires par semaine.

Lia : Impressionnant…

Marion : Au départ en Italie, le concept était décrié à la fois par les catholiques, les communistes et les féministes. On reprochait au roman-photo de donner une mauvaise image de la femme voire d’être l’Opium du peuple.

Lia : Les mêmes termes qu’utilisait Adorno pour la Télévision…

Marion : Oui. Mais le format a perduré et malgré la télévision, on continue de bien vendre le magazine. Nous avons 200 000 acheteuses chaque semaines et 100 000 abonnés !

Lia : Carrément ! 

Marion : On a décliné le roman-photo en format livre et ça a très bien fonctionné.

Lia : Vous avez personnellement joué dans des romans-photos ?

Marion : Oui, plusieurs fois, à l’occasion des numéros anniversaire. Pour les 60 ans et pour les 70 ans, notamment avec Dominique Faber – la prêtresse des romans-photos – nous avons tourné à Naples, terre d’origine des romans-photos.

Lia : Le roman-photo et vous c’est presque une histoire d’amour ?

Marion : Je suis très attachée à Nous Deux. C’est un magazine qui véhicule des valeurs, de la légèreté. Les lectrices sont carrément « addict » à Nous Deux, elles n’ont pas toujours une vie facile… Grâce à nous, elles voient la vie en rose!

Lia : Nous Deux permet de s’évader ?

Marion : Oui Nous Deux permet de rêver mais aussi d’informer.

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