LE CAFÉ MATINAL AVEC NINA BONOMO À LA MAISON PLISSON

Directrice artistique de Maison Lévy.

Fondée en 2006 par Geneviève Lévy, la mère, et Nina Bonomo, la fille, Maison Lévy a pour ligne directrice de créer des objets de décoration à partir d’oeuvres picturales. Au début de l’aventure, Geneviève et Nina ont collaboré avec l’artiste peintre Haby Bonomo, le père de Nina, puis au fil des années se sont ajoutées d’autres collaborations artistiques.
Le Showroom parisien de Maison Lévy est un espace dédié à la rêverie, où chaque objet invite à l’évasion. L’univers chaleureux et de qualité de la Maison Levy habille des intérieurs au-delà de nos frontières, avec plusieurs points de vente en Europe, en Australie,  aux Etats-Unis, au Japon ou encore la Malaisie.

Nos familles se connaissent depuis plus de trois décennies… Après nos premières années dans le quartier d’Aligre, nous nous sommes retrouvés, par un heureux hasard, dans la même rue du 13ème arrondissement, où, dans un esprit de village, nous avons passé notre adolescence et passage à l’âge adulte. Plus que de simples voisins, notre petite rue a fédéré une grande famille aux origines diverses. Quelque part, je considère Geneviève Lévy comme une tante et Nina comme une cousine, tout autant que nos autres chers voisins avec lesquels nous partageons des moments précieux, et d’innombrables cafés. Même si Nina, ainsi que tous ceux de notre génération (ou presque) ont quitté la rue, nous restons intimement des « voisins », sur qui nous pouvons compter, comme une vraie famille.

Avec Nina, nous avons décidé de nous retrouver à La Maison Plisson pour le café matinal, d’une maison à une autre. Une épicerie avec des produits de qualité et dans lequel on peut aussi simplement boire le café, dans un cadre serein.

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson

Nina Bonomo, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Maison Plisson
Nina Bonomo & Lia Rochas-Pàris à la Maison Plisson / Photographies de Clémentine Jacquet

Lia : Alors, la première collaboration artistique de Maison Lévy était avec Haby Bonomo, ton père. C’est vraiment une maison familiale. Travailler en famille, c’est beau. Comment arrivez-vous à trouver un équilibre de travail entre mère et fille ?

Nina : C’est un travail au quotidien. Nous avons un rapport mère-fille très fort au départ qui permet de se parler, de s’engueuler et de savoir rebondir ensemble. L’équilibre s’est construit et déconstruit au fil du temps ; ça fait déjà presque 10 ans qu’on travaille ensemble et nos positions ont beaucoup bougé et évolué.

Lia : En 2016, vous allez fêter vos 10 ans ! Déjà…

Nina : Je n’en reviens pas. La première vente date de juin 2006… C’était une présentation confidentielle à l’atelier de mon père, rue Martel. On va devoir marquer le coup pour les 10 ans !

Lia : L’idée de « maison » évoque une structure de qualité, des racines fortes…

Nina : Oui, c’est l’idée du foyer aussi. Un lieu de partage, d’échange, de transmission. Cet ancrage qui te rend plus fort pour aller au devant des aventures. Mais aussi un toit sous lequel différentes personnalités et générations peuvent cohabiter et s’épanouir !

Lia : Oui, et avec ta fille la relève est presque assurée ! (Rires) D’ailleurs, Maison Lévy invite régulièrement des artistes à collaborer. Comment choisissez-vous les œuvres ?

Nina : Je crois que, comme tout ce que nous faisons, nous le faisons au sentiment, à l’intuition… Les débuts se sont logiquement fait avec les tableaux de mon père, avec lesquels nous avons baigné, puis nous avons fait deux collections avec un autre artiste argentin Martin Reyna… Et récemment à la suite d’une rencontre nous avons édité une mini-collection issue de « Cinq mille kilomètres par seconde », une bande dessinée de Manuele Fior.

Lia : Partir de la bande dessinée, ça devait être un vrai défi…

Nina : Ça l’était vraiment d’autant que Manuele est très exigeant sur le rendu des couleurs… Il y prête une attention très particulière.

Lia : Ce n’est sans doute pas évident de transposer des œuvres sur textile.

Nina : En effet, ça ne l’est pas. Pour l’anecdote, on avait voulu intégrer un pastel de Degas qui était très beau par ailleurs mais sur textile ne rendait absolument rien.

Lia : Avez-vous une ligne directrice ?

Nina : Le fil conducteur est évidemment la picturalité de l’œuvre et sa poésie… Nos collections sont comme des bulles d’un ailleurs… Tu sais la sensation que tu as quand tu te rappelles un moment vécu ou rêvé et que tu as un goût qui arrive sur la langue, une sensation colorée, des odeurs… C’est dans cette idée que je me suis mise à intégrer mes dessins, j’avais envie de « finir » l’histoire, d’en dessiner les contours différemment…

Lia : Tu avais été à l’école Duperré ?

Nina : Oui, un BTS design de mode. D’ailleurs, je pense souvent à un professeur que j’ai eu et qui m’a appris à prendre du recul par rapport à ce qui se présentait sous mes yeux (travail perso ou pas) et qui nous permettait de voir ce qui fonctionnait ou pas, afin de tirer le meilleur des moments de grâce comme des maladresses. Je crois que c’est la meilleure leçon que j’ai reçue ou le meilleur des apprentissages pour être plus juste. Ça fait partie des choses qu’on voit plus clairement quand on devient maman.

Lia : Complètement, on réalise en tant que mère que la perfection n’existe pas, que certaines choses nous échappent même quand on veut faire de notre mieux.

Nina : Voilà, mais aussi que « faire » c’est déjà pas mal et laisser faire encore mieux parfois !

Lia : L’idée même de lâcher prise…

Nina : Nous avons fait des erreurs, avons pris des routes qui étaient parfois un peu chaotiques, mais pour ma part, j’ai la sensation de savoir un peu mieux où je mets les pieds et d’avoir garni mon cartable d’outils utiles pour assumer mes choix et avancer.

Lia : Oh Oui… « La vie est une grande école »… (dixit ma mère) Et anecdote pour anecdote, un jour, quand je me sentais seule et incomprise, mon père m’avait dit qu’on ne se connait pas réellement soi-même. Face à certaines situations de la vie, nos réactions ne seront pas forcément celles que nous attendions de nous-même.

Nina : C’est vrai ! Très vrai mais c’est aussi ça qui fait la richesse de nos expériences ! Moi j’aime me surprendre, je dirais même que j’en ai besoin ! Je m’auto-ennuie très vite… Pour nous lancer des fleurs, je trouve qu’on arrive à se saisir des opportunités plutôt positivement !

Lia : « Surprends-moi » c’est ce qu’avait dit Diaghilev à Cocteau.

Nina : C’est la clé, non ? Ça permet de prendre des risques, et de tenter !

Lia : S’émerveiller aussi des petites choses…

Nina : Oui et savoir tomber, comme au judo en faisant le dos rond ! Comme quoi même les cours de Judo de CP avaient une utilité ! (rires)

Lia : (rires) J’y avais échappé… L’EPS et moi, ça faisait deux. Mais la métaphore est juste.

Nina : Des moments mé-mo-ra-bles !!!

Lia : L’idée de savoir chuter s’apprend également en danse, rebondir et se relever. Nos mères étaient toutes les deux danseuses contemporaines. Et danser dans la vie reste une belle manière d’avancer au sens propre comme figuré.

Nina : Oui, ça apprend la souplesse, savoir se plier sans casser… Et se laisser prendre par la musicalité des choses. Je pense que nos mères nous ont appris à nous écouter.

Lia : Et en tant que femmes d’artistes, à savoir gérer certaines situations avec plus de légèreté…

Nina : Une histoire d’ombre et de lumière ! Ils ont cette dualité tes parents comme les miens… et nous la portons en nous…

Lia : Enfants d’artistes ce n’est jamais évident, malgré les apparences, mais c’est aussi une richesse…

Nina : Et fille d’artiste c’est tout un poème ! Je crois que Maison Lévy, c’est une forme de résolution de ces positions et des contradictions que nous transformons ! La fameuse cristallisation… Tu as remarqué la magie que procure dans les yeux de beaucoup de gens l’aspect « artistique » ou l’étiquette « artiste » des choses ? J’ai souvent l’impression que c’est comme les enfants devant un tour de magie, alors que, les coulisses sont bien plus laborieuses et sombres… Mais c’est peut-être ça la magie d’une œuvre d’art, c’est que seul transparaît l’émotion, pas son élaboration.

Maison Lévy sur Instagram  & sur Facebook

La Maison Plisson
93, boulevard Beaumarchais
Paris 11ème

Lia porte un pull col roulé The Woods 

2 thoughts on “NINA BONOMO
La Maison Plisson

  1. j’adore observer des Francaises faire leur petit truc Francais!: papoter, boire des cafes dans des vraies jolies tasses, et avoir des conversations entre la mondanite et le copinage…c’est du voyeurisme culturel pour moi! je ne peux pas m’empecher d’adorer le style Lia, la Parisienne coquine et smart…MERCI

    1. Venant de la part d’une femme qui a su garder tout le charme et esprit français en étant à NY, c’est plus que flatteur ^^ Merci à toi CC !
      Un café matinal à NY en 2016 entre CC & Lia <3

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