LE CAFÉ MATINAL AVEC PHILIPPE RISS CHEZ BÉCHU

Directeur de XPO gallery, co-fondateur de Hypersalon et directeur artistique de Art Bureau One O One.

Philippe Riss est directeur de la galerie XPO à Paris qui se présente comme un espace expérimental tourné vers les nouvelles pratiques liées au digital. Philippe est également le co-fondateur de Hypersalon, salon de rencontres et d’échanges entre les acteurs du monde de l’art contemporain: artistes, curateurs, critiques d’art, collectionneurs, scientifiques… Nous avons partagé un moment savoureux autour d’un café et de mignardises chez Béchu, son QG, dans le XVIeme arrondissement. Matinée durant laquelle nous avons évoqué plusieurs pistes autour du monde de l’art actuel, de l’e-renaissance et de la temporalité à plusieurs niveaux.

Philippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhillipe Riss & Lia Rochas-PàrisPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhillipe Riss & Lia Rochas-PàrisPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinalPhilippe Riss, Lia Rochas-Paris, Le café matinal

Phillipe Riss & Lia Rochas-Pàris chez Buché / Photos : Shehan Hanwellage

Lia: Peux tu me dire ce qui t’a poussé à ouvrir la galerie XPO à Paris ? Quelle est ta ligne directrice ?
Philippe : Très bonne question  et je te remercie de me l’avoir posée. 




Je suis rentré à Paris pour des raisons personnelles en définitive car mon ami était muté à Paris. 




Après avoir passé deux ans dans les Eurostars, j’ai pensé qu’il serait intéressant que je me pose. 




Certes Paris est une ville ruinée en comparaison de Londres, mais 




elle ouvre plus de possibilités prospectives que Londres où un projet doit être immédiatement rentable en raison des coûts de la ville. 




Aussi à Londres, l’art contemporain est une véritable industrie, une très grosse machine, je n’ai rien contre mais je suis intéressé par les nouveaux modèles. 




L’ère digitale , l' »e-renaissance » est une révolution immense qui pulvérise les anciens modèles, c’est un shift total. 




Dans cet environnement, XPO Gallery ne reproduit pas le modèle de la galerie du 20eme siècle, c’est un lieu expérimental, un espace transitoire ; d’ailleurs 




je ne suis pas sûr que cela soit une galerie en définitive




 ni même que je sois galeriste, je me sens davantage chercheur.
Lia : C’est quand même audacieux de le faire à Paris. J’ai l’impression qu’en France, il n’est pas toujours évident de se lancer dans des projets innovants, que le milieu de l’art est relativement fermé sur lui même, voire sclérosé.
Philippe : On va dire que nos élites sont totalement out of touch et que le mot innovation ne fait pas parti de leur vocabulaire… Ces élites ont cristallisés Paris dans l’architecture Haussmannienne et sont en effet rétrogrades pour ne pas dire préhistoriques, mais j’ai une confiance absolue dans les nouvelles générations !
Lia : Et c’est ce dont on a besoin !









 




J’aime beaucoup l’expression « e-renaissance », c’est vraiment juste. On assiste à un tournant, un renouveau. Il y a une grande part de challenge pour exposer des artistes de l’ère digitale, dans un espace concret, entre quatre murs.
Philippe : Les natifs de l' »e-renaissance » ont compris le monde et ils sont en train d’exploser en France ! Plus qu’ailleurs contrairement aux idées reçues, aujourd’hui, c’est moins évident de lancer une start up a SF qu’à Paris… 




S’agissant du monde de l’art, les cloisonnements sont en train de tomber, le numérique impose de nouveaux modèles.
Lia : Sans doute grâce à l’aide des réseaux numériques, non ?
Philippe : Oui, le numérique, les datas, les réseaux… Je ne vois pas la galerie comme une destination, mais comme un espace transitionnel, une entité physique de recherche…
Lia : Presque un laboratoire ?
Philippe : Un lieu d’expérimentation plutôt, j’ai une réticence pour le mot laboratoire, peut être parce que j’aime beaucoup trop les animaux.
Lia : Il me semble que tu n’aimes pas du tout l’expression « post internet », peux tu me dire pourquoi ?
Philippe :  Je n’utilise pas le terme « post-internet » car il a été totalement galvaudé par le marché de l’art traditionnel. 




Utiliser ce mot, c’est essayer de se raccrocher aux wagons… Nous sommes bien au delà, nous sommes dans le post-digital en route vers le post-humain









.
Lia : Whaou, dis comme ça, c’est presque flippant ! (rires) La réalité sera bientôt plus vraie que la science-fiction.
Philippe : Je ne fais pas du futurisme, ni me laisse bercer par les sirènes kurzwulienne de google x… L’avenir sera probablement humain + machine , enfin pour le 1%, le reste retournera au moyen-âge.
Lia: 




Tu sembles très proche de tes artistes. Des photos publiées sur Instagram se dégagent une certaine complicité









.
Philippe :  Oui je suis très très proche de mes artistes, probablement trop.
Lia : 




Comment « trop » ?




 Dans quel sens ?
Philippe : 
Je suis un grand sensible, très affectif et émotif. J’ai du mal à me protéger quand j’aime le travail d’un artiste









.
Lia: Peux tu me parler d’Hypersalon qui a eu lieu pour la première fois à Miami l’année dernière et qui aura lieu cette année au MAM. Hyper et Salon sont deux mots qui collent parfaitement pour illustrer notre ère « post-digital ».
Philippe :  J’ai crée Hypersalon dans la continuité de de XPO : c’est un lieu de rencontres et d’échanges à l’ère des cultures « networkees ». C’est aussi 




un hommage à Théophile Gautier, à la nouvelle réalité









. Au MAM, il y aura quatre conférences dans la cadre de l’exposition Co-workers les participants seront Christiane Paul, Clement Valla, Gregory Chatonsky




. Les dates sont encore à l’étude.
Lia : 




Qu’est ce que tu entends par « un hommage à Théophile Gautier » ?
Philippe : Nous avons à nouveau la possibilité de nous réunir dans les salons pour parler d’art et entrer en discussion avec les artistes, prendre du temps, c’est dans cette optique que Hypersalon a été crée.  


Il va y avoir le retour de grands mécènes, comme à la Renaissance.
Lia: Tu savais que Théophile Gautier était originaire de Tarbes, comme Pierre Clément, l’artiste que tu exposes en ce moment d’ailleurs ?
Philippe : « XPO gallery Tarbes »,  let’s think about it




! (rires)
Lia : Quelque part, même si tu es très versé dans le numérique, tu crois en la proximité physique pour favoriser les échanges ?
Philippe : Oui, je ne suis pas encore fait implanter des éléments d’augmentation humaine, car ils ne sont pas tout à fait au point, mais cela ne saurait tarder… En revanche, je me fais suivre par un Drone et suis systématiquement « géolocalisé » par ma société de surveillance, je reçois des notifications sur des non-zone go par exemple. Mais c’est quand même internet qui favorise les échanges, non ?
Lia : De mon côté, internet est devenu un point de départ pour pas mal d’échanges, en effet, une plateforme sur laquelle on va et vient. Mais j’aime rencontrer les gens en vrai. D’ailleurs, à force d’échanges 2.0, on a l’impression de connaitre les gens, on se fait une idée de ce qu’ils vivent, mais finalement on « virtualise » une réalité qui n’est pas forcément celle qui est vécue, à travers les images diffusées sur les réseaux. Quand on rencontre les personnes en vrai, parfois c’est comme une évidence, parfois c’est troublant. C’était un peu notre cas.
Philippe : Troublant ? Notre cas ?









 (rires)
Lia : Une évidence troublante









 ! (Rires)
Philippe : Effectivement tant que nous ne réussirons pas à scanner notre cerveau et ne pourrons nous réunir dans de nouvelles dimensions, il est évident que l’échange humain en chair et en os restera la clef du bonheur.
Lia : Quelle joie de pouvoir partager des petites mignardises pour le café !




 Plus drôle en vrai









: un partage de saveurs en prime.
Philippe : Et quelle joie de les « instagrammer » ! 



Internet c’est vrai aussi tu sais









… Quant à mon « algo-nutritionnel »,  il vient de me « texter » qu’il fallait que je n’en mange que deux et non trois, si je voulais vivre jusque 128 ans ! (rires)
Lia : 
Qu’est ce que tu es connecté !
Philippe : Attend, je demande à Google !
17, rue Notre Dame de Nazareth Paris 3eme
mardi-samedi 13-19h
Pâtisserie Béchu
118, avenue Victor Hugo Paris 16eme
Tel : 01 47 27 97 79
> Accueil très agréable et de qualité.

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