LE CAFÉ MATINAL AVEC PIERRE ALEXIS DELAPLACE AU CAFÉ L’INDUSTRIE

MAISON KERZON

Créée par Pierre Alexis Delaplace et son frère Étienne, Maison Kerzon est une aventure familiale fondée en 2013. Des fragrances uniques liées aux souvenirs, à la mémoire des instants précieux, Maison Kerzon propose une gamme de senteurs subtiles qui nous font voyager dans le temps et l’espace : brumes, pochettes, bougies parfumées aux alchimies uniques pour embaumer nos intérieurs. Tous les produits de la Maison Kerzon sont pensés et réalisés à la main en France.
Avec Pierre Alexis, nous nous sommes retrouvés au Café de l’Industrie où nous avons évoqué des souvenirs olfactifs, la notion du temps, du lien entre les mots, les images et les odeurs… Rencontre avec Pierre Alexis, un homme passionné qui arrive à conjuguer et diffuser ses passions au sein de Maison Kerzon.

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Pierre Alexis Delaplace & Lia Rochas-Pàris au Café de l’Industrie / Photos de Shehan Hanwellage

 

Lia : Alors, Maison Kerzon, c’est une aventure familiale qui a débuté en 2013 ?

Alexis : Oui, fin 2013 exactement avec un de mes grands frères qui s’appelle Étienne. Pour commencer, Kerzon c’est la maison d’une de nos grands-mères. Une maison en Bretagne dans laquelle on a eu beaucoup de chance de passer du temps quand on était petits. Cette grand-mère avait la fâcheuse tendance de remplir les armoires de sachets de lavande qu’elle fabriquait elle-même. On trouvait des cadavres de sachets tout desséchés, vieillis, dans les placards. Étienne n’était pas complètement épanoui dans son travail. Il avait envie de monter un projet plus personnel. C’est quelque chose dont on parlait assez régulièrement. De mon côté, je suis graphiste. J’ai pas mal travaillé pour une marque de thé qui m’a poussé à m’intéresser aux parfums naturels et pour une très belle marque de bougies parfumées, qui m’a transmis cette passion pour le parfum et plus particulièrement pour le parfum d’ambiance. Dans mon travail perso, je me suis beaucoup intéressé au papier marbré : les polymarbrés. L’idée était de créer des sculptures à partir de ce papier artisanal que je trouve absolument fabuleux. C’est un vrai travail d’artisans et d’artistes alors que ces papiers étaient toujours destinés à être cachés à l’intérieur des livres. Du coup, je trouvais intéressant de travailler sur ce papier qui demande autant d’intervention de l’homme, qu’il soit mis en avant et devienne une pièce importante, plus qu’une page dans un livre… Je divague un peu… (rires) Et donc, quand j’ai montré ce travail à Étienne, ça l’a tout de suite intéressé. Et on s’est dit que ce qui serait génial, c’est que ce polymarbré sente quelque chose, voire diffuse une odeur.

Lia : Une manière de rendre l’objet encore plus vivant ?

Alexis : Voilà. Et on a pensé à ces fameux sachets de lavande. On s’est dit que ce serait intéressant de fabriquer des objets un peu hybrides en papier qui diffusent une senteur et permettent de parfumer le linge. Et on a commencer à penser et à fabriquer des berlingots en forme de pyramides avec une petite ficelle qu’on pouvait accrocher. Puis, on a simplifier en proposant des pochettes plus plates et plus faciles à fabriquer, et enfin des bougies ! On était un peu réticents au début pour les bougies mais finalement, on nous en a tellement demandé, qu’on s’est lancé vraiment sur les bougies aussi. On est allé voir le bon artisan, on a commencé à réfléchir à des thèmes moins abordés par les autres créateurs de bougies et maintenant on a commencé à lancer une vraie collection de bougies. L’idée est de recréer des moments, des espaces qui nous rappellent cette maison d’enfance et qui peuvent éveiller des souvenirs à chaque personne qui croise nos produits. Le parfum est quelque chose d’hyper personnel. Chacun a des réactions différentes face aux odeurs. On essaye de jouer là-dessus et de provoquer des réactions.

Lia : C’est vrai que les parfums, les odeurs sont liés aux souvenirs, à ce que l’on vit. Un parfum peut être agréable à un moment donné et devenir insupportable, presque répulsif selon ce qu’on a vécu. Même si l’odeur est impalpable, les noms choisis pour les parfums jouent un rôle important dans notre attirance. Ils nous invitent à découvrir l’odeur qui se cache derrière. Chez Kerzon, vous prenez soin au choix des noms. Ça me semble primordial.

Alexis : Encore plus pour le parfum corporel. C’est quelque chose d’intime. L’odeur se pose sur ta peau. Il faut l’accord parfait entre la personne et le parfum.

Lia : Et le visuel, l’emballage comptent énormément. C’est toi qui t’en occupe ?

Alexis : Alors oui. Étienne s’occupe de la partie commerciale, du développement de la marque et je m’occupe de la création de produit et de la communication visuelle.

Lia : Vous avez fait des collaborations ?

Alexis : Pour notre dernière collection de bougies, on a travaillé avec Frédérique Vernillet, une illustratrice de talent qui arrive à donner un ton décalé à un dessin hyper réaliste. On aime l’idée de lier le parfum à la créativité et c’est dans ce sens que l’on s’intéresse au travail des artistes qui nous entourent.

Lia : Les pochettes de la gamme « La Plage » sont en forme de chemises réalisées en origami. C’est bien trouvé !

Alexis : On commence à avoir pas mal de pochettes et on a pensé à cette collection « Souvenirs d’été » : L’EAU, LE SOLEIL et LA PLAGE. La maison Kerzon est au bord de la mer. On voulait parler aussi de ce qui l’entoure et on a trouvé intéressant de rebondir sur des idées et là, on a pensé à un polo. Notre volonté c’est vraiment d’avancer, de proposer des choses nouvelles, de ne surtout pas s’endormir ! On est pas mal sur le manuel et l’origami coulait de source.

Lia : Et le papier diffuse très bien les odeurs.

Alexis : On utilise un papier recyclé, très cotonneux, qui s’imbibe parfaitement des odeurs, du parfum. Et l’idée de cette collection d’été avec les polos en origami, c’est de rhabiller les polos avec des motifs différents chaque été.

Lia : Dans les odeurs marquantes de l’enfance, mes frères et moi avons été « bercés » aux odeurs de peinture à l’huile, acrylique, térébenthine, colle pour maquettes. Tout ce qui évoque l’atelier de notre père. C’est incroyable comme les odeurs font partie de nos souvenirs et constituent aussi une partie de notre caractère.

Alexis : L’odeur de l’atelier, c’est magique ! J’y réfléchis… Comme l’odeur de la pâte à modeler, de la colle Cléopâtre, de l’encre de Chine, tout ce qui fait partie des arts plastiques… Toutes ces odeurs évoquent des choses très fortes !

Lia : Et l’odeur des cahiers de la rentrée !

Alexis : Les protèges-cahiers !

Lia : Et l’odeur de la station service ! Bonheur !

Alexis : Ce qui est intéressant, c’est que toutes ces odeurs de nos jeunes âges sont des odeurs chimiques. En tout cas, nos souvenirs olfactifs liés à l’école sont chimiques.

Lia : C’est vrai. D’ailleurs, c’est étonnant l’apprentissage des odeurs chez l’enfant. Comment arrive-t’il à définir une odeur comme étant agréable ou insupportable ?

Alexis : Ça doit activer des zones sensorielles particulières. Il y a des odeurs qui donnent des hauts le cœur et d’autres qui rendent heureux. C’est intéressant ce que les odeurs suscitent en nous.

Lia : Vous allez à Grasse ?

Alexis : On va souvent à Grasse oui. C’est hyper beau. On travaille avec une très ancienne entreprise de parfums située sur les hauteurs de Grasse. C’est un lieu magique !

Lia : Est-ce que tu es « nez » ?

Alexis : Non ! (rires) C’est un vrai travail… J’apprends, je commence à réussir à déterminer certains composants. Mais c’est très subtil. On travaille avec plusieurs « nez ». C’est un vrai travail d’artiste. Chaque « nez » a ses affinités, son état d’esprit.  En fonction des projets, on va s’adresser au « nez » qui correspond à l’envie qu’on a.

Lia : C’est passionnant.

Alexis : Quand on a commencé, je n’avais aucun vocabulaire lié au parfum. Ce sont des mots très précis. Avec Laure, le premier « nez » avec lequel on a travaillé, pour illustrer, expliquer ce qu’on attendait, je lui faisais des boards d’images. L’image, c’est aussi un vocabulaire. C’est celui avec lequel je m’exprime le mieux. Et quand on recevait les échantillons de parfums de Laure, c’était magique de sentir son interprétation olfactive de mes boards.

Lia : Finalement, dans la parfumerie plusieurs poésies qui se côtoient : la poésie olfactive, la poésie visuelle et la poésie verbale. Vous arrivez à lier les trois chez Kerzon.

Alexis : Ça me fait plaisir… C’est vraiment ce qu’on essaye de faire. Chaque détail a son importance. On commence à réfléchir à une ligne d’eau de toilette. C’est très intéressant. J’essaye de trouver des histoires autour de Paris sans être dans le cliché romantique. On est une petite structure ; on veut pouvoir sortir des obligations.

Lia : Le parfum, les odeurs, les effluves sont vraiment liés au monde réel, pas concrètement, mais disons que les écrans ne les diffusent pas encore ?

Alexis : Il y a des startup qui essayent mais ça devient gadget.

Lia : Ça n’a pas de sens. Je me souviens que lorsque j’avais acheté mon parfum, j’avais ressenti une sensation de liberté absolue en sortant de la boutique. Je m’étais dit : « cette odeur m’appartient », pas que je sois la seule à l’avoir, mais l’alchimie entre ce parfum et ma peau est unique. C’est une odeur que l’on partage avec les personnes qui nous entourent. Il y a une intimité qui ne peut pas apparaître sur les réseaux sociaux. L’odeur a quelque chose de plus personnel que les images. Elle nous rend vivant.

Alexis : Exactement, et c’est ce qui nous plait. C’est vrai, c’est l’instant présent, c’est direct.

Lia : Oui, c’est lié à une temporalité. Et le présent deviendra un souvenir… C’est dans l’ordre des choses.

Alexis : Nos envies olfactives changent, évoluent selon les saisons aussi.

Lia : Une odeur enveloppante en hiver, une odeur plus légère en été. Certaines personnes gardent le même parfum depuis des années, d’autres en changent selon les saisons, ou même selon les heures : parfum de tous les jours, parfum du soir. C’est ce qui nous rend unique quelque part.

Alexis : Le parfum peut camoufler ou exacerber une personnalité. C’est intéressant.

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16, rue Saint Sabin Paris 11e

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