LE CAFÉ MATINAL AVEC SAFIA BAHMED-SCHWARTZ AU CAFÉ DE FLORE

Artiste plasticienne, dessinatrice, éditrice, chanteuse, réalisatrice de clips et vidéos 2.0, mère etc etc etc. Pas une étiquette ne saurait résumer Safia Bahmed-Shwartz, femme aux multiples facettes, intarissable productrice d’idées à la puissance maximale. Elle touche à tout et quand elle touche c’est dans le mille. Nous nous croisions depuis quelques années, en vrai et sur la toile, c’est la première fois que nous avons prit le temps de nous voir, d’échanger en dehors de nos cercles et réseaux. Nous avons parlé de tout plus que de rien, un #realtalk digne de Safia au café de Flore, à Saint Germain, rive gauche, histoire de briser des clichés. 

Safia Bahmed-Schwartz, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal

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Lia: Pour commencer, Il existe plusieurs versions de ta biographie sur internet, comme plusieurs Story Telling en ligne. D’abord, on se demande pourquoi, et surtout si l’une des versions est vraies ! 

Safia: Il y en a une vraie, je crois… C’est parti d’un concept de psychologie des marchés comme quoi on aurait sept facettes de notre personnalité…

Lia: Un peu comme les sept vies d’un chat (rires). Les différentes versions ont quelque chose d’absurde, de drôle et de triste à la fois. C’est troublant de se dire que l’une d’elles soit vraie.

Safia: Oui, c’est devenu un projet littéraire à part entière, en fonction des pays où la bio était diffusée. Une forme d’utilisation pratique de l’histoire, de la fiction. Avec des principes qui reviennent pour chacune.
Lia: Tu as monté une maison d’édition à ton nom. Comment as-tu démarré cette aventure ?
Safia: J’ai d’abord auto-publié un premier livre écrit il y a six ans « Apprenons à lire », avant de lancer ma propre maison d’édition. L’écriture tient une place importante dans ma vie. Et parallèlement, je m’intéresse beaucoup à la façon de raconter les histoires. L’écriture est différente selon les modes de diffusions: que ce soit sur Twitter, pour une publication web, pour un livre imprimé, par email, pour la musique, etc. J’ai voulu profiter de cette structure pour diffuser d’autres personnes talentueuses. Ce que j’aime dans l’objet du livre, c’est que ça passe de mains en mains. 
 
Lia: Je me souviens du lancement de ton livre sur Booba… C’était vraiment un évènement très attendu, un peu comme un retour aux pyramides*.

Safia: Oui, ce projet de livre me tenait vraiment à cœur, d’envisager Booba comme une icône générationnelle en demandant à une trentaine d’artistes de fournir une œuvre en rapport avec lui. J’ai ensuite comparé Baudelaire et Booba pour mon sujet de mémoire. Pour avoir accès à Baudelaire, il s’agissait d’ouvrir un livre, pour Booba, il suffisait d’écouter la radio. J’ai réalisé que le texte prenait une autre ampleur avec la musique. Et le chant peut être comme une arme: toutes sortes de messages peuvent être diffusé. C’est d’ailleurs par l’écriture que j’ai basculé dans la musique. J’ai commencé à chanter en chuchotant, il y a deux ans. Mon premier vrai morceau était avec Tez: Vaseline. C’était dur mais une super collaboration. Dans le fond, ce que j’aime ce sont les rencontres… Il y a eu aussi Rose rouge produit par Lucien krampf où j’ai fait tourner ma fille dans le clip, puis Sward avec Jorrdee, avec qui j’ai aussi fait un remix d’un précédent titre ‘La solitude’ et JTM avec Wealstarr. 
Lia: Tous les clips que tu réalises sont très particuliers, on pourrait presque dire « no filter » – ton dernier clip « JTM » a suscité des réactions vives…
 
Safia: C’est étonnant, ça reste dans la ligné de mes dessins érotiques, qui y sont d’ailleurs mêlés, pourtant. Sur ce morceau, qui se voulait être une déclaration d’amour 2.0, vraie, pas du tout idéaliste, je voulais faire des images dans la même logique, honnête, a l’aspect réel, la vraie vie en vhs. Pas le porno de Porn Hub.
Lia: Peut-être que la qualité de la vidéo, un peu trash, assez cru, type gonzo, a suggéré davantage que ce qui était montré ?
Safia: Sans doute, mais comme tout ce que je fais, il s’agit de fiction. Et je n’ai aucune envie de me justifier sur ce que je fais auprès des cercles que je côtoies de près – et de loin d’ailleurs (rires).
Lia: Tu dessines beaucoup à l’encre de chine, principalement des figures érotiques, on pourrait presque y déceler une nouvelle formule du Kama Sutra ! Tu fais également des tatouages dans le même esprit, en tout cas avec le même trait.
 
Safia: Oui, je dessine depuis neuf ans, c’est dans ma peau, je ressens un besoin vital de dessiner.. A un moment je voulais dépasser le simple support de la feuille papier, j’ai investit différents supports et c’est comme ça que j’ai commencé à faire des tatouages. Dessiner sur la peau m’a énormément appris à maîtriser mon trait. On a pas le droit à l’erreur, on ne peut pas gommer. Je me souviens d’un tatouage que j’avais fait sur le bras d’un pote, tout au début, le résultat n’était pas ce que j’attendais au départ, c’était terrible, comme je suis perfectionniste, j’avais envie de lui arracher le bras et le jeter à la corbeille. 
Lia: Et tu as décidé d’arrêter les tatouages le 31 décembre, pour quelle(s) raison(s) ?
 
Safia: À un moment, il faut savoir passer à autre chose, comme Picasso a eu sa période bleue, sa période cubiste, je passe à autre chose. Malgré ce qu’on peut croire, je n’ai pas un égo surdimensionné pour avoir besoin de ressentir la jouissance de marquer les gens de ma plume. Je suis très heureuse de l’avoir fait, d’avoir fait des rencontres par ce biais, mais ce n’est pas une fin en soi.
Lia: Ni une faim ! (Rires) Tes sites internet sont vertigineux, prolifiques à l’image de ta création au sens large. Il faut avouer que ça change des sites classiques avec trois clics en option. Tu fais aussi toi même tes sites ?
Safia: Oui, toujours, j’adore ça, j’en ai plein. J’en change régulièrement, certains étaient géniaux mais n’existent plus…
Lia: Pour rembobiner un peu, les photos-montages dans lesquelles tu mettais ta tête à la place de célébrités, c’était dans quel optique, une forme d’anti-selfie ?
Safia: Exactement c’était du Selfie, du Selfie, du Selfie, de l' »egotrip » pour tout, pour rien sur tout type d’image, connues, reconnues, inconnues, juste pour servir la mienne, qui ne m’appartient pas puisque finalement avec les pseudos qu’on se trouve sur n’importe quelles plateformes internet le visage reste la seule identité qu’il nous reste et par laquelle on est reconnaissable mais qui passe donc dans le domaine public. Bientôt sortira un livre best of « Safia Bahmed-Schwartz isn’t available« .
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Le Café de Flore
172 Boulevard Saint-Germain
Paris 6eme

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