LE CAFÉ MATINAL AVEC STEPHANE SACLIER CHEZ LILY OF THE VALLEY

Conseil en communication

Stéphane Saclier détient une intuition particulière pour découvrir des nouveaux talents, des projets innovants. Stéphane n’a pas peur de prendre des risques lorsqu’il croit en quelque chose, c’est une personne généreuse pour qui la notion de partage est primordiale dans son approche du monde en général et de son métier en particulier. Grâce à ses conseils avisés de nombreux créateurs ont pu s’épanouir et bénéficier d’une reconnaissance à la hauteur de leurs talents. Nous nous étions rencontrés avec Martena Duss à l’époque du Sweat Shop, puis de fil en aiguille, Stéphane avait représenté Vasistas, mes premiers romans-photos, entre 2010 et 2012. Une belle aventure que nous avions partagé ensemble, un vrai défi au départ et qui avait été accueilli avec enthousiasme autant par la presse écrite (Biba, Jalouse, Vogue.fr…) que par la TV (Canal +, France 3). Depuis, même si la vie parisienne fait que nous ne nous voyons que trop rarement, les moments passés ensemble deviennent une source d’idées et de stimulation créative. Pour notre café matinal, nous nous sommes retrouvés chez Lily of the Valley, un café insolite où le plafond est parsemé de fleurs… Rencontre avec un électron libre qui vit avec son temps sans redouter les mutations à venir.

Stéphane Saclier & Lia Rochas-Pàris Stéphane Saclier & Lia Rochas-Pàris Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stéphane Saclier Lia Rochas-Pàris Stephane Saclier, Lia Rochas-Pàris, Le café matinal Stéphane Saclier
Stéphane Saclier & Lia Rochas-Pàris chez Lily of the Valley / Photos de Shehan Hanwellage

Lia : Nous nous sommes rencontrés quand tu travaillais avec / pour le Sweat Shop en tant qu’attaché de presse, la belle époque ! Ça devait être un vrai défi, qu’est ce que tu gardes de cette aventure ?

Stéphane : Beaucoup de joie ! Et une grande de satisfaction d’avoir participé à une aventure aussi créative, un projet original et innovant à Paris. Pour moi, il y a un avant et un après Sweat Shop…

Lia : Pour être original, ça l’était !

Stéphane : D’autant plus que je n’ai jamais cousu ou tricoté correctement de ma vie ! Ce n’est même pas la peine de me demander de faire un ourlet. Si je touche une machine à coudre tu peux être certaine que le fil va se débobiner ou que l’aiguille va se casser



.

Lia : Tant que dans la vraie vie tu ne te débobines pas, tout va bien ! (rires) Tu préfères regarder les autres faire ?

Stéphane : En ce qui concerne la couture et le tricot oui… C’est vrai qu’aujourd’hui tout paraît plus difficile quand on parle de création



.

Lia : Tu penses ?

Stéphane : Oui et non en fait
. Je pense qu’aujourd’hui nous n’avons plus le choix : soit tu fonces dans ton projet, soit tu restes à te morfondre

Lia : On est en pleine ère du “Do it yourself” et c’est évident que, pour avancer, il faut produire sans cesse, être dans l’action, garder une certaine dynamique





.

Stéphane : Le Sweat Shop a montré la voie à de nombreux projets en leur donnant confiance pour aller de l’avant même si le projet était un peu fou ou un peu barré au départ. Après le Sweat Shop, on se disait que tout était possible: projets participatifs, créatifs, transversaux…


 Un projet de quartier avec une dimension ludique et inattendu où l’on pouvait apprendre à faire des choses soi-même






.

Lia : Aujourd’hui, beaucoup de choses nous poussent à l’oisiveté, la procrastination. On est sans cesse sollicité par des applications, on communique sur beaucoup d’interfaces, on regarde trop d’images, et forcément on est amené à comparer. Ce n’est pas évident de se concentrer sur ses propres projets sans se laisser distraire



. Alors qu’il y a un vrai plaisir de mener un projet à bout, même sans prétention.

Stéphane : C’est vrai ce que tu dis, nous sommes sans cesse sollicités et occupés par nos petites extensions électroniques qui nous empêchent de réfléchir par nous même. Des gestes comme écrire sur du papier sont devenus complètement obsolètes



…

Lia : Écrire des lettres, cartes postales pour envoyer un message, c’était une toute autre temporalité. Il n’y avait pas les mêmes attentes…

Stéphane : Complètement ! Je me souviens, il y a une vingtaine d’années, à l’époque du téléphone fixe et des fax, avoir envoyé une série de CV dans des bureaux de relations presse et dans de grandes maisons sans avoir de retours. La seule maison qui m’a contacté était Céline, le designer à l’époque était Michael Kors ( je crois). Je suis allé au rendez vous et à la fin de l’entretien la directrice de la communication m’a dit que j’avais inversé deux chiffres de mon numéro de téléphone et qu’elle était tombée sur le cabaret Madame Arthur en essayant de me joindre. Elle a été persévérante et a cherché mon numéro de téléphone dans l’annuaire… J’étais mort de honte et bien évidemment je n’ai pas eu le job… Aujourd’hui quand j’y pense je suis mort de rire et je me dis que c’est peut-être grâce à Madame Arthur et aux fax… que je suis resté free lance et que j’ai fait ce parcours qui me ressemble, toujours à l’affût de la création, de l’originalité et de projets intéressants


.

Lia : Et Madame Arthur se fait justement une seconde jeunesse
 ! En tout cas, le hasard fait bien les choses.

Stéphane : 





Peut-être que je devrais être leur attaché de presse aujourd’hui ! (Rires)

Lia : Alors, comment as-tu commencé en tant qu’attaché de presse ?

Stéphane : J’ai rencontré Christine Blanc  qui était attachée de presse et s’occupait de marques et créateurs comme Carel, Popy Moreni, Marc Audibet & Elisabeth De Senneville. Son assistant Laurent Suchel était parti pour s’occuper de la toute nouvelle maison de couture Christian Lacroix et elle avait besoin de quelqu’un, ce quelqu’un ça a été moi même si je n’avais aucune expérience dans ce métier, j’ai eu la chance d’avoir un travail payé et d’apprendre en même temps. Aujourd’hui ce serait sûrement un stage…

Lia : Donc, tu as commencé dans la mode ?

Stéphane : Oui dans la mode 100%





. Je ne savais rien faire, je n’avais aucune qualification ni expérience. Je connaissais quelques personnes dans la mode et le métier d’attaché de presse m’attirait car j’imaginais une vie incessante de cocktails, de soirées, de défilés de mode, de célébrités et d’amusement, ce qui bien entendu n’était pas le cas


…

Lia : Et progressivement tu as commencé à représenter des projets les plus variés…

Stéphane : Oui, je pensais (à tort) « la mode un jour, la mode forever » ! Alors que je m’intéresse à tout ce qui touche à la culture, l’art de vivre, le goût etc… L’art contemporain, l’architecture, l’écologie, tout ce qui fait partie de notre vie. 


Je pense que cela s’est fait de manière naturelle et organique sans décider vraiment, plutôt au fil des rencontres et des envies





.

Lia : Tu es un attaché de presse très ouvert et curieux ! J’ai l’impression que tu t’intéresses de plus en plus au «fooding»…

Stéphane : 
J’ai toujours été très gourmand et surtout intransigeant quant à la qualité des produits et leur préparation. Tour à tour, j’ai été végétarien, macrobiotique, bio (je le suis resté); aujourd’hui je mange de tout mais pas n’importe comment. Bien manger et bien vivre sont un art et une discipline qui demandent un niveau d’exigence de tous les instants, ce n’est pas éloigné de la mode d’ailleurs.

Lia :
 Pour le plaisir des yeux !


 D’ailleurs, on dit qu’on mange aussi avec les yeux





.

Stéphane : Oui, avec la bouche, les doigts ou une fourchette ça marche bien aussi



 (rires)

Lia : Tu ne trouves pas que sur Instagram, on peut vite avoir une indigestion de photos de bouffe « hashtag foodporn », jusqu’à une boulimie visuelle.

Stéphane : Oui, et je déteste le #foodporn. Je n’associe pas du tout le porn avec la nourriture. C’est la représentation du mauvais goût mis en scène de façon artificielle.

Lia : D’ailleurs, avec tous ces nouveaux moyens de communication, comment vois tu l’avenir de ton métier ?

Stéphane : Bon, je vais dire un truc (à prendre avec des pincettes) qui va me faire perdre tous mes clients et m’interdire d’en trouver de nouveaux: je considère que mon métier tel qu’il a existé et s’est développé depuis 40 ans est mort. (silence) Mais pour les clients qui resteront (rires) heureusement il existe des solutions et des alternatives !!!

Lia : Peut-être qu’il se transforme ? Tu comptes te recycler ?

Stéphane : Je ne pense pas qu’il se transforme, je dirais plutôt qu’il mute



.

Lia : Selon toi, quelles seraient les alternatives ?

Stéphane : Je pense vivre cette mutation de manière lucide, j’ai remarqué que la plupart des créateurs de mode font comme si on était encore dans les années 80 ou 90. Toute l’industrie a muté, ce ne sont plus les mêmes repaires, les mêmes enjeux. Aujourd’hui, il faut savoir créer une communauté autour de sa marque



.

Lia : Et la notion de communauté a beaucoup évolué !

Stéphane : Disons que je n’ai pas encore trouvé toutes les solutions mais les créateurs et projets que je défends ont tous un point commun: ils ont compris qu’il fallait me laisser suivre mon instinct, que j’étais capable d’évoluer et de sentir les changements juste avant qu’ils arrivent. C’est pour cela que je considère que je suis « conseil en communication » et non pas seulement attaché de presse, dans le sens où j’apporte des idées, des solutions, du soutien, de l’humain, de l’écoute, le tout solidement mixé avec mon savoir faire et mon réseau. Je pense que je suis encore là grâce au soutien exceptionnel des journalistes qui font l’effort de s’intéresser à mes propositions et aussi parce que j’ai des clients géniaux. Je pense qu’il existe une petite communauté « Stephane Saclier Consulting



 » ! (rires) J’aime bien l’idée d’une communauté un peu hippie, mais ne t’attends pas à me voir avec des cheveux longs, un foulard en soie mauve et des Clarks
 (rires)

Lia : Même pas un peu ? 
(rires)

Stéphane : Si, un peu : je porte du patchouli
 et j’ai eu les cheveux longs et blonds il y a encore un an, mais les clarks sont encore dans le placard.

Lia : Finalement, c’est une certaine intuition qui te stimule pour soutenir et faire évoluer les projets



 auxquels tu crois ?

Stéphane : L’intuition devrait être la première qualité d’un attaché de presse, c’est difficile à expliquer mais je crois que beaucoup de gens ne se rendent pas compte que nous vivons un changement de civilisation, la tendance générale est de s’accrocher à ce que l’on connaît et ne pas en bouger



…

Lia : On est tellement inondé d’informations que ce n’est pas évident de s’en rendre compte, une forme de confort rassurant
 mais biaisé par les écrans.

Stéphane : Oui, et du coup, nous sommes forcément en décalage avec l’évolution de la société qui bouge à toute vitesse, et je pense que nous n’avons pas le choix, il faut avancer et créer de nouvelles règles de vie. 



Ce n’est pas facile de se remettre en question.

Lia : Bien sûr, tu as raison, et il me semble aussi nécessaire de garder une structure, une base afin de ne pas se perdre aussi dans les flux



…

Stéphane : J’ai l’impression d’avoir été un peu dark (rires)

Lia : Not at all: Et de l’obscurité nait la lumière ! (rires)

Stéphane : L’essentiel est d’avoir les pieds sur terre et la tête dans les nuages
 !

 

Lily of the Valley
12, rue Dupetit Thouard Paris 3eme

Un petit café absolument charmant et bucolique où l’on est très bien accueilli.

Lia porte un pull col roulé The Woods

4 thoughts on “STÉPHANE SACLIER
Lily of the valley

  1. Je n’ai pas eu la chance de connaître Sweat Shop mais Zoé a eu un petit manteau délicieux Elisabeth de Senneville (teddy bear à oreilles, roux à l’extérieur, rouge à l’intérieur) quand elle avait 4 ans (aujourd’hui 23). Je suis une personne qui écrit toujours à la main, adore envoyer des cartes postales et porte parfois des Clarks. Mais depuis l’enfance ! Bisous. Chouette entretien !

  2. J’ai connu Stéphane Saclier au lycée ! Je l’adorais et ne l’ai jamais oublié… Je n’ai jamais oublié sa capacité à poser un regard joyeux sur le monde. Son intelligence, son raffinement. Sa personnalité singulière tranchait sur le reste de la sphère scolaire très formelle dans laquelle on ne se fondait jamais…c’était un challenge de ne jamais penser comme les autres. Nous écoutions les Sisters sledge et Blondy. On s’est aimé chacun comme on était! Il bougeait, marchait formidablement (je suis fascinée par les corps… qui expriment sans doute un état plus organique de la pensée) mais aussi un un cerveau et j’adorais parler de tout, danser avec lui. J’ai été danseuse Contemporaine et j’ai accompagné des artistes de ma  » province » pour échapper à une banale existence. Je reconnais en lui ce désir d’être soi et de ne pas se trahir…d’ailleurs je n’ai pas beaucoup changé depuis notre petit bout de chemin passé avec lui. Je lui souhaite un creatif, intuitif et jubilatoire dessein! Merci Lia pour vos savoureuses chroniques drôles et si bien construites.
    Très belles année 2016 à tous les gens comme vous qui fêtent avec une telle élégance la vie, l’art et de la créativité.
    Transmettez mes tendres bons souvenirs à Stephane.
    Marie-Laure

    1. Merci Marie-Laure pour cette déclaration émouvante – transmise à Stephane (!). Être qui nous sommes, avancer avec le sourire, entouré(e) de personnes « vivantes » et pleines de bonté, ne serait-ce pas une des clefs du bonheur ? Tout le meilleur pour vous en cette nouvelle année ^^

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