LE CAFÉ MATINAL AVEC VIDAL BENJAMIN CHEZ OB LA DI

Disque Jockey

Avec Vidal, nous nous sommes rencontrés il y a quelques années à la Bibliothèque Nationale de France, la BNF. Il était chercheur en droit et je travaillais au vestiaire comme job étudiant. Durant deux années de labeurs intenses, nous nous croisions régulièrement dans ce cadre que certains appelaient « l’asile » et duquel nous avons tous les deux pu nous échapper pour de nouveaux horizons. Nos échanges étaient souvent légers, parfois plus profonds, et au fil du temps, une amitié est née. Depuis Vidal a édité sa thèse en droit et tient le rôle de disque jockey dans des soirées à Paris et ailleurs.
Même si l’on ne se voit que trop rarement, nos échanges coulent toujours de source. Nous nous sommes retrouvés chez Ob La Di autour de cafés filtres où, tout naturellement, nous avons parlé musique, vide-greniers et souvenirs vaporeux…
Rencontre avec un esthète toujours à l’affût de la pépite d’or musicale et chineur assidu de raretés en tout genre. 

Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin & Lia Rochas-Pàris / Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Lia Rochas-Pàris Vidal Benjamin Vidal Benjamin, Lia Rochas-Paris, Le café matinal, Ob La Di Vidal Benjamin & Lia Rochas-Pàris / Ob La Di

Vidal Benjamin & Lia Rochas-Pàris chez Ob-La-Di / Photos de Shehan Hanwellage

Lia : Tu te souviens, il y a quelques années, nous nous sommes rencontrés à la BNF (Bibliothèque Nationale de France). Tu étais un rat de bibliothèque et moi, une fourmi travailleuse ! Ça pourrait presque faire une fable de la Fontaine ! (Rires)

Vidal : Oui, le rat et la fourmi qui sortaient dehors faire des pauses cigarettes pour fuir cet univers austère et se raconter des conneries (Rires)

Lia : Depuis, tu as arrêté de fumer…

Vidal : Dès que j’ai vu la lumière à la fin de ma thèse, sans la contrainte de l’univers carcéral de la BNF, je n’ai plus ressenti le besoin de fumer.

Lia : Tu étais un chercheur hors pair et, malgré la concentration requise pour la thèse, tu avais toujours belle allure ! Je dirais même presque un dandy.

Vidal : (rires) Dandy, peut être dans l’approche du travail ? Lorsqu’on a une vision un peu sombre du monde et que l’on cherche à s’en échapper par une recherche esthétique, alors oui, je pourrais être un dandy. Le monde actuel n’est pas très séduisant, il me semble inévitable de chercher et partager des solutions pour créer de l’exaltation. D’ailleurs, pour moi, à l’époque de la BNF, tu étais une « proto-hipster », avant-gardiste (rires)

Lia : Avec toi, tout est dans le détail, même tes Stan Smith sont spéciales ! (rires) Je me souviens de la bande dessinée que tu m’avais offerte à mon anniversaire « La fin des branchés » de Jean Rouzaud : f-a-n-t-a-s-t-i-q-u-e !

Vidal : Oui, une perle… On ne trouve plus aussi facilement des pièces comme ça en vide-grenier. C’est lié à un problème de génération. Les gens se débarrassent de leurs affaires selon les périodes. Et les années 80 sont loin ! On le remarque avec toute cette faune qui s’est mise à écouter du gabber (rires).

Lia : Même si on ne se voit pas très souvent, je t’ai croisé plusieurs fois à des vide-greniers. Vers le Canal de l’Ourq, à la Butte aux Cailles, rue de Bretagne (…) Tu es un chineur invétéré !

Vidal : Les vides-greniers me mettent dans un état frénétique. Je n’ai rien trouvé de mieux comme thérapie. (rires) Il y a un timing pour ne pas rater les bonnes affaires, et tu rencontres des personnes venant d’univers variés. C’est un laboratoire de tissage (de lien) social !

Lia : C’est vrai… De mon côté, je ne sais jamais par où commencer, j’ai toujours peur de louper une affaire ! D’ailleurs, j’avais trouvé ces boots à deux euros à celui de la butte aux cailles, et ce sont des « Robert Clergerie » (rires)

Vidal : La belle affaire ! Très nineties.

Lia : Toi, tu chines essentiellement des vinyles ?

Vidal : Majoritairement des disques oui, ma dernière trouvaille c’était un lot de disque de Smurf qui dormaient dans un studio de production de musiques publicitaires. Apparemment c’était des disques de promo pour la marque K-way ! (rires) Mais j’aime chiner en général. Cette année j’ai acheté plusieurs lampes : on ne va pas se priver de lumière !

Lia : Quand tu mixes dans des soirées, tu restes fidèle aux disques ?

Vidal : De temps en temps avec une clé USB, mais je préfère les vinyles.

Lia : À force de chiner, tu dois avoir une collection titanesque ?

Vidal : Non, j’épure régulièrement. Quand tu te construis une culture musicale, il faut savoir faire tomber l’échafaudage.

Lia : Comment te définis-tu quand tu passes des disques ?

Vidal : Comme un Disque Jockey (rires)

Lia : Et tu mixes à quelle cadence ?

Vidal : C’est variable, selon les invitations, il n’y a pas de règle. En moyenne deux à trois fois par mois.

Lia : Quels sont les lieux desquels tu as récemment gardé les meilleurs souvenirs en tant que « disque jockey », ça me fait rire de le dire comme ça ?!

Vidal : La meilleure atmosphère à Paris a été à la Rotonde que j’ai trouvé mortelle. Sinon la Java à la soirée « Vie Garantie » et au Nuba pour la soirée des « Yeux Oranges »… Sans parler de mes escapades provinciales et européennes…

Lia : Nous avons tous les deux cette passion pour les musiques électroniques yougoslaves, tu es même aller mixer à Belgrade. De mon côté, je garde de très bons souvenirs de cette ville, mais ça fait dix ans que je n’y suis pas allée… Comment as-tu été accueilli ?

Vidal : J’ai pu passer des morceaux avec des paroles que les gens comprenaient, ça les rendaient heureux et moi, j’étais honoré de leur rendre tout ce que leur culture m’avait offerte.

Lia : L’année dernière, tu as sorti une compilation en vinyle : « Disco sympathie » ! Une fine sélection de disco française, tu es toujours très pointu dans tes sélections. C’est d’ailleurs produit par Versatile comme Etienne Jaumet, notre cher ami !

Vidal : Versatile est une bonne écurie (rires). L’album a plutôt bien marché…

Lia : Et la pochette de l’album est tout juste sublime, très classe. Tu as d’autres projets à venir ?

Vidal : Il faut que je trouve du temps, j’ai quelques idées en tête. Je reste toujours centré sur la redécouverte des musiques oubliées.

Lia : Et tu as déjà pensé à composer de la musique ?

Vidal : Oh non, j’ai écouté trop de choses, ça me parasiterai dans la création. Je préfère rester à ma place et laisser faire les personnes qui ont ce talent !

Lia : Il t’arrive aussi de trouver des perles rares sur youtube ? J’avoue écouter beaucoup de musiques via cette interface…

Vidal : Oui, il y a beaucoup de sons incroyables qui sont mis en ligne, et ça crée de nouveaux besoins et autant de défis : trouver les vinyles originaux !

Lia : Sinon, la lumière tient une place importante dans ta vie, tu y fais pas mal allusion…

Vidal : C’est une quête constante. Je finirai peut-être illuminé. (rires)

 

Ob-La-Di

54 Rue de Saintonge
75003 Paris

 

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